Dans un discours incisif à Dalian, devant 1.700 participants, Li Qiang a fait entendre un message clair à ses interlocuteurs américains et européens. Alors que les représentants chinois se préparent à se rendre à Bruxelles, le Premier ministre a rejeté le discours européen sur le "choc chinois 2.0", qui traduit des craintes d’une invasion de produits technologiques en provenance de Chine.
Au lieu de cela, il a présenté une "opportunité 2.0" que l'UE devrait saisir, affirmant qu'il ne s'agit pas d'une menace, mais d'une chance libératrice. Il a critiqué le chancelier allemand Friedrich Merz, qui a dénoncé les pratiques commerciales chinoises, notamment des subventions jugées massives et la manipulation de la devise nationale.
"Le gouvernement chinois n’est pas encore si riche, et nous ne pouvons pas non plus nous permettre de telles subventions", a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la compétitivité chinoise repose sur le travail et l'innovation de son industrie.
Li Qiang a en effet affirmé que l’UE se méprenait en essayant de se couper de la Chine, qui serait plutôt à l'aube d'un nouveau cycle de croissance, avec l'entrée en vigueur de son 15e plan quinquennal (2026-2030). En soulignant que la Chine est un "refuge" stable pour les affaires, il a encouragé la coopération plutôt que l'opposition. Dans un contexte où les tensions commerciales augmentent, cette approche vise également à neutraliser les sanctions américaines contre le secteur technologique chinois.
Quel sera le positionnement de l'Europe face à ce discours ? Selon les derniers rapports du Conseil européen, les 27 nations s’engagent à soutenir la Commission pour protéger le marché européen des importations chinoises tout en essayant de ne pas froisser Pékin. Cependant, l'unité entre les États membres demeure fragile, chaque pays ayant des intérêts et des vulnérabilités variés face à d'éventuelles répercussions de la Chine.







