Le véritable coup d'envoi de sa campagne présidentielle ? Édouard Philippe, candidat déclaré depuis septembre 2024, organise un "grand meeting" ce dimanche à Paris, déterminé à renforcer son avance dans les sondages face à ses rivaux du bloc central, Gabriel Attal et Bruno Retailleau.
Environ 5.000 participants, parmi lesquels un millier d'élus, sont attendus à l'Adidas Arena, la salle du Paris Basket, récemment construite avant les Jeux Olympiques de 2024, située porte de la Chapelle dans le nord de Paris.
En tant que seul orateur prévu, l'ancien Premier ministre prononcera un discours d'une heure destiné à "tous les Français". Marie Guévenoux, co-directrice de sa campagne et ancienne députée Renaissance, souligne que Philippe exposera son parcours, ses ambitions et sa vision de gouvernance.
L'audience sera scrutée de près après une semaine marquée par plusieurs ralliements à sa candidature, dont ceux des ministres Renaissance Maud Bregeon et Mathieu Lefèvre, tous deux alliés du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Parmi les soutiens notables, le ministre de la Recherche Philippe Baptiste, ancien conseiller de Philippe à Matignon, sera également présent. Ce dernier a également su séduire des figures de la droite comme Nathalie Kosciusko-Morizet et Éric Woerth, et l’ancien directeur de campagne de François Fillon, Vincent Chriqui.
"D'autres personnalités" seront également présentes, représentant ce rassemblement que nous visons, explique Gilles Boyer, co-directeur de campagne.
Ce meeting intervient alors que dans deux jours, la Cour d'appel de Paris rendra son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, dont l'issue déterminera le candidat de ce parti d'extrême droite, entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, tous deux en tête dans les sondages.
- Vers un retour de l'UMP ? -
Bien qu'Édouard Philippe enregistre des ralliements et demeure en tête des sondages, ce qui semble indiquer une "petite dynamique", un cadre d'Horizons admet que "nous sommes encore des outsiders. Actuellement, le RN est celui qui s'impose".
Candidat potentiel depuis la création de son parti en 2021, Philippe a annoncé sa candidature en septembre 2024 et doit, selon Gilles Boyer, procéder à un "changement d'échelle" de sa campagne jusqu’ici jugée trop timide.
Après avoir été réélu maire du Havre en mars, il a récemment convoqué les cadres de son parti à Reims et organisé un millier de réunions d'appartement depuis son domicile.
Sur le plan des propositions, bien qu'il ait déjà énoncé plusieurs mesures -- telles que la dénonciation des accords avec l'Algérie, la baisse des impôts de production et un "état d'urgence narcotrafic" -- ses annonces massives sont attendues pour la rentrée.
Accusé d'envisager une cure d'austérité et une réforme des retraites, Philippe a écarté les critiques de Gabriel Attal, qui avait insinué qu’il se déchargeait sur d'autres des efforts nécessaires. "Avec moi, il faudra simplement travailler un peu plus longuement", a clarifié Philippe cette semaine.
Selon un soutien de Attal, "depuis qu'il s'est déclaré le 22 mai, Édouard Philippe a dû augmenter sa présence médiatique de manière exponentielle par rapport aux trois dernières années".
Les deux candidats du bloc central envisagent également la possibilité d'un rassemblement en vue des élections de 2027, face à la menace d'un second tour entre le RN et Jean-Luc Mélenchon. Si Attal veut perpétuer le "dépassement" droite-gauche d'Emmanuel Macron, un cadre d'Horizons déclare que "notre plan consiste d’abord à unir droite et centre-droit".
Envisager le retour de l'UMP, dont il fut le premier directeur général au sein de l'équipe d'Alain Juppé ? Les enjeux futurs promettent d'être complexes, notamment en vue des prochaines législatives qui dépendront des résultats de la présidentielle.







