Sur le terrain, l’équipe marocaine enchaîne les victoires et attire l’attention des médias internationaux qui la voient comme un emblème d’un Sud global qui redessine le football contemporain.
Le football joue un rôle capital dans les dynamiques politiques et la Coupe du Monde 2026 illustre parfaitement cette réalité. Les médias du monde entier soulignent comment l’équipe du Maroc crée un élan qui dépasse les frontières du royaume, un phénomène même mis en avant par le site Modern Diplomacy.
Le Maroc, en atteignant les demi-finales de la Coupe du Monde 2022, a permis à des millions de téléspectateurs de découvrir un pays au-delà de son image de destination touristique.
En 1986, le Maroc avait été le premier pays africain à passer la phase de groupes lors d’un Mondial, et l'engouement pour les Lions de l’Atlas renait à l’aube de l’édition 2026.
Un carrefour identitaire
Le Maroc se positionne comme un pays capable de rivaliser avec les nations de football établies, tout en unissant sa diaspora à travers le monde. “La Coupe du Monde a révélé une réalité géopolitique préexistante”, souligne The New Yorker, notant que l’équipe a été la première sélection africaine et arabe à atteindre un tel niveau de compétition en 2022.
Intersectant plusieurs dimensions géographiques, qu'elles soient arabes, africaines ou européennes, l'équipe marocaine a raison de frapper un écho particulier dans le Sud global, comme l'affirme The New Yorker. Il y a quatre ans déjà, les Lions de l’Atlas avaient été salués comme des héros pour la communauté panarabe, panafricaine et postcoloniale.
De Riyad à Gaza, de Beyrouth à Alger, les cafés sportifs ne cessaient de suivre les matchs, tandis qu'à Lagos, le président Bola Tinubu louait une équipe qui faisait la fierté de tout un continent. En Indonésie, la communauté musulmane se rassemblait pour prier pour ses héros. Les joueurs arboraient fièrement le drapeau palestinien en preuve de solidarité, ainsi que le drapeau amazigh, symbole de leur identité berbère.
Le Maroc se détache ainsi de toute catégorisation stricte, offrant à son équipe une portée bien au-delà de ses frontières nationales.
Pour cette prochaine édition, la qualification des Lions de l’Atlas pour les huitièmes de finale est perçue comme un signal fort envoyant un message au monde, un autre regard sur le football traditionnellement dominé par l’Europe, comme l'explique The Guardian.
Dimension diasporique
Une autre raison expliquant ce nouvel intérêt est la dimension diasporique de l’équipe. Selon The New Yorker, 14 des 26 joueurs de la dernière sélection marocaine étaient nés à l'étranger, un chiffre qui s'élève à 19 pour l'édition 2026.
Parmi eux, Achraf Hakimi, le capitaine, qui a vu le jour en Espagne, témoignant de la diversité linguistique des joueurs, puisqu’ils parlent six langues, l’anglais étant le dénominateur commun.
Une étude par Africa Is a Country illustre comment cette inclusion des Marocains issus de la diaspora souligne un engagement constant à maintenir des liens forts entre le pays et ses citoyens vivant à l’étranger. “Ce soin exceptionnel apprécie les connexions à la culture marocaine par le biais de la langue, de la religion et de la gastronomie,” précise l’analyse.







