En janvier dernier, un tragique accident a coûté la vie à un homme de 41 ans dans l'agglomération d'Annemasse, en Haute-Savoie. La fatalité s'est produite lors du déclenchement de l'airbag d'une Citroën C3, dont la sécurité était pourtant contestée, comme l'a rapporté la cellule Radio France, et confirmé par le ministère des Transports au Parisien.
Ce drame porte à 47 le nombre d'accidents liés aux airbags Takata en France, avec un total de 21 décès. Il s'agit du troisième incident mortel dans l'Hexagone, après des accidents précédents dans les Hautes-Pyrénées et à Reims. D'autres victimes, signalées dans les territoires d'outre-mer, soulignent l'ampleur de ce problème de sécurité routière, particulièrement préoccupant dans des régions affectées par des conditions climatiques extrêmes.
Depuis plus d'une décennie, Takata, un fabricant japonais aujourd'hui en faillite, fait l'objet de vives critiques pour la commercialisation d'airbags qui peuvent exploser au moment de leur déploiement. Cette défaillance est liée notamment à l'utilisation du nitrate d'ammonium, dont la décomposition sous l'effet de chaleur et d'humidité entraîne la projection d'éclats métalliques à haute vitesse.
Une Citroën C3 en rappel : des mesures insuffisantes ?
L'individu impliqué conduisait une Citroën C3 de 2013, un modèle sur lequel un rappel avait été lancé, assorti d'une interdiction de circulation tant que l'airbag défectueux n'avait pas été remplacé. Selon le ministère des Transports, le propriétaire avait été averti à plusieurs reprises, recevant des courriers et ayant accès à des informations durant le contrôle technique.
Depuis le 1er janvier, les véhicules faisant l'objet d'un rappel de type "stop drive" doivent subir une contre-visite lors du contrôle technique. Ils ne peuvent reprendre la route qu'après un remplacement en bonne et due forme par un professionnel. Malgré ces mesures, un million de voitures équipées des airbags problématiques circulent encore aujourd'hui en France, une situation que le ministère des Transports juge préoccupante.
Les familles des victimes dénoncent la lenteur des campagnes de remplacement, affirmant que les constructeurs n'ont pas déployé des ressources suffisantes pour traiter en urgence cette crise de sécurité routière, à l'origine de nombreux accidents tragiques en France et ailleurs. Les solutions apportées jusqu'à présent semblent inadaptées face à l'ampleur du problème, symptomatique d'une gestion des rappels qui nécessiterait une attention beaucoup plus rigoureuse.







