L’Union européenne a récemment mis en place un système novateur pour enregistrer les voyageurs non européens se rendant sur son territoire. Cependant, cette initiative semble avoir entraîné des conséquences inattendues, comme en témoignent les retours des compagnies aériennes et des aéroports, qui évoquent des files d’attente pouvant atteindre jusqu’à cinq heures lors des pics d’activité.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a reconnu des défis notables pour résoudre ces problèmes. « Il y a encore beaucoup à faire pour que ces problèmes techniques soient résolus », a-t-elle affirmé lors d’un point presse en Irlande. Ce système, implanté à l’automne, remplace le tampon manuel sur les passeports et enregistre les données personnelles et biométriques des voyageurs, ainsi que leurs dates d'entrée et de sortie.
Pourtant, les aéroports et les compagnies aériennes font état d'une situation alarmante. Dans une lettre adressée à Bruxelles, ils ont exprimé leur préoccupation face à la « pression insoutenable » générée par ce nouveau processus, surtout en période estivale. Ils rapportent que les passagers sont souvent contraints d'attendre à l'extérieur des terminaux et sur les parkings, car les équipes de contrôle ne parviennent pas à gérer l'afflux. « Les files d'attente peuvent désormais atteindre jusqu'à cinq heures aux heures de pointe », alertent-ils.
Des vidéos de voyageurs en attente circulent largement sur les réseaux sociaux, renforçant l'indignation du public. Malgré cela, l'UE défend son système, qualifiant de crucial le besoin de mieux contrôler les entrées et sorties dans son espace. Certains responsables européens, interrogés par l’AFP, ont même suggéré que les passagers insatisfaits n’ont qu’à « rejoindre l’espace Schengen » pour exprimer leur mécontentement.
Selon les données de l’UE, plus de 108 millions de personnes ont déjà été enregistrées par ce nouveau système, avec près de 44 000 interdictions d’entrée pour des motifs jugés non valables. Toutefois, la Commission a promis d'engager un dialogue avec les représentants du secteur. Une réunion pour discuter des préoccupations a d'ores et déjà été programmée pour le 7 juillet prochain.







