« Prêt » et déterminé, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a affiché sa confiance ce lundi alors que le jugement de Marine Le Pen approche, une situation qui pourrait lui donner la chance de se positionner en tant que candidat à la présidentielle. Cette affaire attire l'attention de l'ensemble de la classe politique française.
« Nous avons anticipé les différents scénarios », a indiqué Bardella, soulignant sa volonté d'accepter les conséquences de la décision que rendra la Cour d'appel de Paris.
En tant que chef du groupe des Patriotes au sein du Parlement européen, Jordan Bardella a fait une visite express à Strasbourg, montrant ainsi son engagement au sein de l’hémicycle, en réponse aux critiques sur ses absences antérieures.
Il prévoit de revenir à Paris en soirée, pour suivre avec attention le jugement depuis le siège du Rassemblement National, avant de retrouver Marine Le Pen plus tard.
« Je continuerai de la soutenir comme je l'ai toujours fait », a-t-il affirmé depuis Strasbourg. Il a également précisé que le duo a convenu de mener cette bataille ensemble, quelles que soient les décisions de justice, avec une volonté claire de lancer la campagne. « Il est temps que la campagne démarre », a-t-il déclaré.
Ce mardi après-midi, Marine Le Pen découvrira si elle écope d'une peine d'inéligibilité moins sévère qu'en première instance concernant l'affaire des assistants parlementaires, à l'époque où le parti était connu sous le nom de Front National.
Si la peine dépasse deux ans, il est probable qu'elle cède sa place à son protégé, Jordan Bardella. La candidate ayant déjà été trois fois à la présidentielle pourrait également envisager de se retirer si elle se voit contrainte de faire campagne avec un bracelet électronique.
Elle a annoncé qu'elle communiquerait sa décision le jour du jugement, potentiellement dans le journal de 20 heures de TF1 où elle est invitée.
Les enjeux sont cruciaux pour les futures élections de 2027, car bien que les deux figures soient polarisées – Bardella, jeune avec peu d'expérience face à Le Pen, expérimentée – le Rassemblement National reste en tête dans les sondages, avec plus de 30% d'intentions de vote.
- « Social » ou « libéral » ? -
« On ne choisit pas ses adversaires, on les combat », a réaffirmé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, sur Franceinfo, en parlant de l'identité future du candidat d'extrême droite.
Gabriel Attal a également exprimé son désir que la campagne commence rapidement, soulignant que le Rassemblement National, notamment Jordan Bardella, semble vouloir esquiver le débat.
Au cours de son meeting récent, Édouard Philippe a critiqué la stratégie ambivalente du RN, décrivant Le Pen comme sociale dans le Nord et libérale dans le Sud. Bardella, quant à lui, a été lié à une image de libéralisme au Grand Prix de F1 de Monaco, où il a été vu avec sa compagne, la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.
Les sondages montrent qu'Édouard Philippe pourrait être un rival sérieux capable de contrecarrer la candidature du RN au second tour.
De l'autre côté, Jean-Luc Mélenchon a affirmé être convaincu qu'il pourrait « éliminer » le candidat du Rassemblement National dès le premier tour.
Olivier Faure, chef des socialistes, a quant à lui souligné que Le Pen et Bardella partagent une vision politique similaire, en accusant le RN de xénophobie.







