Le projet d'uniforme scolaire en France, lancé avec enthousiasme, semble désormais en péril. Les crédits alloués à cette expérimentation, initiée par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, ont disparu du projet de budget pour 2026, qui a échoué à être voté fin décembre dernier. Les observateurs notent que les collectivités locales commencent à abandonner l'idée, craignant un désengagement de l'État au profit d'autres priorités budgétaires.
Seulement une centaine d'écoles avaient réellement adopté l'uniforme lors de la rentrée scolaire de 2025, et le soutien s'érode, de nombreuses communes ayant anticipé l'absence d'appui financier. Renaud Muselier, président de la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, a fait valoir qu'engager des millions pour généraliser l'uniforme dans tous les lycées régionaux sans clarification sur le soutien de l'État était irresponsable.
Les récents débats autour de la loi de finances 2026 ont amplifié les craintes envers cette initiative. Selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale de Snes-FSU, il semble peu probable que des fonds pour l'uniforme reviennent dans les choix budgétaires à venir. Sans annonce officielle confirmant la poursuite de cette expérimentation, l'avenir de l'uniforme à l'école paraît sombre.
À gauche, certains se réjouissent potentiellement de ce retournement de situation. Des voix comme celles d'Arnaud Bonnet, député LFI, soulignent l'absurdité de continuer à financer ce type de mesure alors que le système éducatif souffre cruellement de sous-financement, avec des classes parmi les plus chargées d'Europe. Denis Marchetti, conseiller municipal de Metz, a également critiqué le mépris apparent de l'expérimentation envers la voix des enfants, arguant que l'uniforme pourrait limiter leur liberté d'expression.
Jean-Claude Kaufmann, sociologue, rappelle que l'uniforme avait originellement été mis en avant pour sa capacité à promouvoir l'égalité. Il a cependant été confronté à une réalité où un tel dispositif apparaît comme un réducteur des différences plutôt qu'un véritable levier d'inclusion sociale. Quelles que soient les conclusions définitives sur ce débat, le sujet de l'uniforme scolaire continuera, sans aucun doute, de susciter des discussions passionnées en France.







