Le 15 janvier, de nombreuses mairies en France ont uni leurs voix pour soutenir les agriculteurs protestant contre le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur. Au cours de cette journée, des élus ont symboliquement retiré ou mis en berne le drapeau européen devant leur hôtel de ville, illustrant ainsi leur solidarité avec les exploitants agricoles en colère.
Dans plusieurs départements, des manifestations ont eu lieu pour exprimer l'inquiétude des agriculteurs face à ce traité, qui pourrait entraîner une concurrence jugée déloyale. Nicolas Daragon, le maire de Valence, a souligné : "Ici, nous sommes le premier département agricole de la région. Si nous ne prenons pas position, qui le fera ? L'Union européenne dégrade notre agriculture avec ce traité qui risque de nous porter préjudice. Nous nous tirons une balle dans le pied."
Les maires du Vaucluse, tels que Louis Bonnet de Mazan et Philippe de Beauregard de Camaret-sur-Aigues, ont également exprimé leur frustration, évoquant les graves conséquences que pourrait avoir la compétition accrue et les réglementations européennes sur leur secteur. "L’UE organise méthodiquement la mort de notre agriculture," a affirmé de Beauregard. De plus, plusieurs communes du département ont prêté leurs drapeaux européens pour être accrochés sur les grilles de la préfecture à Avignon, en signe de protestation.
Dans les Vosges, Pascal Parmentelat, maire de Laveline-du-Houx, a exprimé son inquiétude face à la situation de son secteur agricole : "Nos agriculteurs sont en souffrance depuis trop longtemps. Malgré les efforts des autorités françaises pour s'opposer à cet accord, j'ai le sentiment que nous allons devoir composer avec ses conséquences," a-t-il déclaré. Des actions similaires se sont multipliées à travers la France, y compris à Simplé en Mayenne et dans plusieurs communes du Gard.
La situation illustre un mouvement plus large au sein des maires ruraux qui veulent représenter les intérêts de leurs agriculteurs. Cependant, Jean-Paul Carteret, président par intérim de l'Association des maires ruraux de France, a appelé à la modération. "Il ne faut pas tout mélanger. L'Europe a besoin d'être forte et unie. Les maires doivent dialoguer avec leurs agriculteurs sans avoir à retirer systématiquement les drapeaux européens," a-t-il plaidé.
Il convient de rappeler que selon la loi, le pavoisement des mairies avec les drapeaux français et européens est seulement requis lors de la journée de l’Europe, le 9 mai, ou lors d’événements spéciaux, comme la présidence française du Conseil de l'Union européenne. En mai 2023, une loi a rendu cette obligation effective pour les communes de plus de 1 500 habitants. Cette dynamique met en lumière les tensions croissantes autour de la politique agricole européenne et soulève des questions quant à l'avenir des agriculteurs français.







