Pour la première fois de son histoire, les salariés de Leboncoin se mobilisent pour une grève ce mercredi 18 mars. Cette action fait suite à l'alerte lancée par une intersyndicale sur la "dégradation des conditions de travail" au sein de l'entreprise, surtout depuis son rachat par deux fonds d'investissement anglo-saxons, Blackstone et Permira. Ces derniers, selon la CFDT-CGT-Solidaires Informatique, semblent viser une réduction de la masse salariale, générant ainsi un climat de tension et d'incertitude pour les employés.
Institution essentielle de la vente en ligne en France, Leboncoin a connu un changement de propriétaire en mai 2024, lorsque Blackstone et Permira ont acquis Adevinta, une entreprise multinationale dont Leboncoin est un des joyaux. Ce retournement stratégique préoccupent de nombreux salariés qui ressentent les effets d'une gestion plus axée sur le profit que sur le bien-être des équipes.
Une potentielle augmentation des risques psychosociaux en raison de "la charge de travail"
Ce mouvement de grève, approuvé par une large majorité des salariés lors d'une assemblée générale en décembre dernier, fait écho à des préoccupations grandissantes. Les syndicats font état d'une accumulation de réorganisations massives et de l'instauration d'outils de surveillance jugés intrusifs, qui mesurent l'activité des télévendeurs, comme des facteurs aggravants de risques psychosociaux. En réaction, la direction a minimisé l'ampleur du mouvement, indiquant que moins de 10 % du personnel avait exprimé son intention de se joindre à la grève selon l'AFP.
Contre la réduction "forte" et "brutale" du télétravail
Les syndicats expriment également leur inquiétude face à une restriction perçue comme "forte" et "brutale" du télétravail, contraignant ainsi certains employés à envisager des départs. D'autres se trouvent dans l'obligation d'absorber des coûts de transport de plus en plus élevés, en raison d'un temps de trajet devenu insoutenable. De son côté, la direction de Leboncoin a proposé un modèle de travail hybride, avec une présence au bureau fixée à deux jours par semaine, qui passera à trois dès juillet, selon une transition annoncée précédemment. Elle insiste également que les outils de travail n’ont fait l'objet d'aucun changement significatif et restent conformes aux réglementations en vigueur.
Leboncoin compte environ 1 500 employés répartis sur plusieurs sites en France, dont Paris, Nantes, Mâcon, Reims et Montceau-les-Mines. Leurs revendications, qui reflètent un malaise croissant, soulignent l'importance d'un dialogue social constructif pour l'avenir de l'entreprise.







