La violence au Moyen-Orient continue de frapper sans relâche. Trois journalistes libanais ont été tragiquement tués ce samedi dans une frappe israélienne sur leur véhicule, alors qu'ils se trouvaient dans le sud du Liban.
Selon des sources militaires, Fatima Ftouni, journaliste d'Al-Mayadeen, et Ali Shoeib, correspondant d'Al-Manar, ont perdu la vie dans cette attaque qui s’est déroulée près de Jezzine. Le frère de Fatima, également caméraman, a été tué dans le même incident.
Al-Mayadeen a confirmé cette perte sur sa chaîne Telegram, tandis qu'Al-Manar a annoncé le décès de l'un de ses journalistes les plus expérimentés. Cité par Al-Jazeera, le syndicat des journalistes libanais a dénoncé ce qu'il qualifie de "massacre" et un "attentat à la bombe perfide" visant des reporters en plein exercice de leurs fonctions.
De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé Ali Shoeib, qu’elle accuse d'appartenir à l’unité d'élite al-Radwan du Hezbollah, et d’avoir utilisé sa couverture journalistique pour exposer les positions des soldats israéliens, illustrant ainsi la complexité et le danger de la situation pour les journalistes sur le terrain.
Un "crime manifeste" dénoncé par le Liban
Joseph Aoun, président libanais, a fermement condamné cette frappe, la qualifiant de "crime manifeste" et soulignant que les journalistes doivent bénéficier d'une protection internationale en temps de guerre. Ses déclarations résonnent particulièrement dans un contexte où les attaques contre les journalistes se multiplient.
Cette tragédie survient peu après qu'un journaliste de la chaîne russe RT ait été blessé dans une frappe israélienne, une situation que Moscou a qualifiée de "non accidentelle". Malheureusement, ce n'est pas un cas isolé : l’armée israélienne a déjà été impliquée dans des attaques contre des reporters libanais par le passé, comme en octobre 2024, où trois reporters avaient péri.
Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 129 journalistes et personnel de presse ont été tués en 2025, avec deux tiers des cas attribués à des actions israéliennes, bien que ce pays rejette ces accusations. Ainsi, la question de la sécurité des journalistes en zone de conflit reste une préoccupation majeure.
Des frappes qui se poursuivent
Le même jour, des frappes israéliennes ont ciblé plusieurs localités du sud du Liban, selon l'agence de presse libanaise ANI. Le Hezbollah, allié à Téhéran, a également affirmé avoir mené des attaques contre des forces israéliennes dans la région, intensifiant ainsi le cycle de violence.
Comme l'a rapporté ANI, des frappes successives ont eu lieu à Majdal Selm, Kafra, Hanniyeh et d'autres villes frontalières. L'armée israélienne a, quant à elle, justifié ces opérations par la nécessité de frapper les infrastructures du Hezbollah. De plus, des tentatives de largage de tracts sur Beyrouth se sont soldées par un échec, provoquant une chute sur un bâtiment de la banlieue sud.
Le Hezbollah, dans plusieurs déclarations, a affirmé avoir visé des rassemblements de forces israéliennes, insinuant une réponse aux attaques continues contre le Liban. Alors que la violence s’intensifie, la protection des journalistes et des civils reste une préoccupation cruciale dans ce conflit tragique.







