Le 17 mars 2025, Pierre Alessandri a perdu la vie sur son exploitation agricole à Sarrola-Carcopino. Un an plus tard, un rassemblement de plus de 300 personnes a eu lieu ce mardi devant la préfecture d’Ajaccio, organisé par le syndicat Via Campagnola, dont Pierre était le porte-parole.
"Chaque année, nous viendrons ici déposer une bougie qui se rajoutera aux bougies précédentes,""Nous sommes là pour rappeler que l'État a pris des engagements. Si la justice nécessite du temps, il est de la responsabilité de l'État de fournir les ressources nécessaires pour résoudre ces crimes."
La commémoration a été marquée par une minute de silence, émouvant particulièrement la famille de Pierre. David Brugioni, représentant d’Anticor en Corse, a ajouté : "Nous sommes tous des Pierre Alessandri. Tandis que le représentant de l'État est protégé, nous sommes exposés. Nous avons le courage de rétablir la loi dans ce pays."
"Nous sommes tous des Pierre Alessandri"
Une enquête judiciaire est en cours, sous la direction d'un magistrat du tribunal d’Ajaccio. Le procureur Nicolas Septe a rappelé que "le temps de l’enquête doit tenir compte de l'attente des proches, qui espèrent toujours comprendre les circonstances de cet assassinat."
Léo Battesti, du collectif "A Maffia No, A Vita Iè," a fait le lien entre la tragédie d'Alessandri et le climat politique actuel, ouvrant un débat sur l'infiltration de la mafia : "Ces élections municipales ont été marquées par des pressions politiques sans précédent, notamment dans le sud de l’île où les réseaux criminels cherchent à placer leurs associés au pouvoir."
Plusieurs figures politiques, dont Charlotte Cesari et le sénateur Paulu Santu Parigi, étaient présentes, témoignant de la gravité de la situation. Battesti a dénoncé le silence des gouvernements successifs : "Dans cette ville, malgré les violences, aucun maire n’a eu le courage de prononcer le mot ‘mafia’ ou de parler de la bande criminelle du Petit Bar.”
Une délégation comprenant des membres de la chambre d'agriculture, Via Campagnola et de la famille d'Alessandri a été reçue en préfecture. Le syndicat a affirmé qu'il poursuivra l'action, tant sur le plan juridique que syndical, pour exiger des comptes.







