En Seine-et-Marne, le manque de psychologues scolaires et d'AESH (Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap) fragilise la prise en charge des élèves, un fait dénoncé par parents et enseignants. Une pétition a collecté 545 signatures, tandis qu'une motion signée par 170 enseignants exige l'embauche de quatre psychologues.
Le mardi 17 mars a vu une mobilisation devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) à Melun, orchestrée par une intersyndicale d'enseignants (Snudi-FO, SNUipp, CGT’Éduc et Unsa), rassemblant des parents d'élèves et des AESH. Ces manifestants réclament l'engagement de quatre psychologues scolaires dont les postes sont vacants depuis septembre dans des villes comme Savigny-le-Temple et Cesson.
En plus de cela, les manifestants pointent du doigt le besoin urgent d'un renforcement du nombre d'AESH pour garantir une prise en charge adéquate des enfants, conformément à la loi de 2005. À ce jour, 545 signatures ont été réunies sur une pétition initiée par des parents, et une motion syndicale a attiré l'attention de 170 enseignants. Une délégation a même été reçue par Aline Vo Quang, la directrice académique des services de l'Éducation nationale.
« Je dois gérer quasiment seule »
Les enseignants estiment qu'il faudrait 24 AESH pour répondre aux besoins des 15 écoles de la circonscription. En effet, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prescrit un certain nombre d'heures d'accompagnement par semaine, mais le soutien est souvent insuffisant, ce qui entraîne de nombreuses difficultés en classe.
Une enseignante de CE1 témoigne de la situation difficile qu'elle traverse : « Dans ma classe de 26 élèves, deux enfants souffrent de troubles graves. L'un d'eux reçoit un suivi de la MDPH, mais le soutien est limité à 1h30 par semaine. Je me retrouve donc seule à gérer leurs crises », explique-t-elle. L'angoisse s'installe avec la crainte de nouvelles crises chaque jour.
« Il jette des objets, crache sur les autres »
Bruno Cottalorda, délégué syndical Snudi-FO, soulève les complications rencontrées dans certaines classes. À Cesson, par exemple, deux AESH s'occupent d'un enfant souffrant de troubles du spectre autistique (TSA), alors qu'il devrait être orienté vers un établissement spécialisé. « Ce genre de situation est épuisant pour tout le monde. L’enfant présente des comportements agressifs et l’enseignante se voit contrainte de quitter sa classe pour le récupérer », déplore-t-il.
« Nous cherchons des psychologues »
Aline Vo Quang souligne que près de 6 300 élèves dans le premier degré nécessitent un suivi par la MDPH, avec un taux d'accompagnement humain atteignant 85%. Malgré les efforts, la pénurie d'AESH reste critique, et le recrutement est impératif, avec des offres publiées sur le site de l'académie de Créteil.
En outre, l'absence de psychologues scolaires depuis sept mois représente un enjeu majeur pour les élèves ayant besoin d'une évaluation adéquate. « Ce ralentissement dans la prise en charge engendre de réelles souffrances », déclare Romain Mahler du Snudi-FO. L'absence de ces spécialistes oblige les familles à se tourner vers le secteur privé, souvent onéreux.
La directrice académique reconnaît la gravité de la situation, affirmant que des compensations sont mises en place, mais que le besoin en psychologues est pressant. Des annonces de postes sont publiées sur leurs plateformes, mais le chemin vers une solution pérenne semble encore long.







