Pour la neuvième année consécutive, la Finlande se classe au sommet du rapport mondial sur le bonheur publié le 19 mars par l’ONU. Si ce classement semble stable, un malaise croissant se manifeste, spécialement chez les jeunes, exacerbés par leur engagement sur les réseaux sociaux. Comme l’indique CNN, “la Finlande a été désignée championne du bonheur, suivie de l'Islande et du Danemark”. En effet, la Suède et la Norvège figurent également dans le top 10, tandis que le Costa Rica et Israël représentent les rares pays non européens présents dans ce groupe.

Derrière ces chiffres encourageants, le rapport révèle une inquiétante tendance : “les émotions négatives sont de plus en plus fréquentes à travers le monde”. Les jeunes de moins de 25 ans enregistrent une plongée de près d’un point sur l’échelle de satisfaction de 0 à 10, comme l’explique John F. Helliwell, économiste et co-auteur du rapport. Pour lui, il s’agit d’une “baisse choquante du bien-être des jeunes”, attribuée en partie à l’influence des réseaux sociaux.

L’incidence ambivalente du numérique

Le magazine Forbes aborde également la fracture générationnelle, notant que, contrairement à certains pays anglophones, “la majorité des jeunes se disent plus heureux aujourd’hui qu’il y a deux décennies”. Les véritables explications restent complexes ; “la confiance sociale, de solides institutions et un sentiment communautaire sont tous des éléments clés”, mais la relation avec le numérique est loin d’être simple. Une utilisation excessive des réseaux sociaux est souvent liée à un bien-être réduit, tandis que ceux qui s’en détournent peuvent manquer des bénéfices associés à un engagement positif.

Selon une étude par The Hindu, chaque usage numérique a un impact différencié sur notre satisfaction. L’interaction, l’apprentissage et la créativité sont associés à un meilleur bien-être, alors que les réseaux sociaux et les jeux se traduisent par des évaluations négatives.

Un constat émerge clairement : “Les jeunes limitant leur temps sur les réseaux sociaux à moins d’une heure par jour affichent les niveaux de bien-être les plus élevés”. Toutefois, il est crucial de nuancer cette analyse, car “les relations entre l’utilisation des réseaux sociaux et le bien-être varient considérablement en fonction des plateformes et de la manière dont elles sont utilisées.”

Alors que le classement se pérennise, les comportements évoluent, redéfinissant ainsi la cartographie du bonheur mondial.