À l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, Volker Turk, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a exprimé son indignation face à "ceux qui tirent profit de la division et de la polarisation". Il a mis en garde contre un tournant critique dans la lutte contre le racisme, qui risque d'annuler des progrès précieux.
Dans un communiqué, Turk a fait le constat alarmant que la diffusion des discours de haine menace non seulement les avancées réalisées au niveau international mais aussi la cohésion sociale. Les instigateurs de haine ont su infiltrer des discours de méfiance dans le tissu même des sociétés. "Si l'on a réduit la ségrégation dans les transports, beaucoup continuent à séparer les gens dans leurs pensées et leurs comportements quotidiens," a-t-il déclaré.
En évoquant les instruments juridiques, des lois antidisque criminel aux reconnaissances des injustices historiques, il a affirmé : "Nous avons parcouru un long chemin vers une société plus équitable, mais il existe un risque réel que ces avancées soient remises en cause". Cette menace, a-t-il précisé, est alimentée par une logique de déshumanisation qui se renforce par des structures sociales inéquitables.
La fracture sociale : un défi croissant
Le Haut-Commissaire a aussi pointé le fait que la discrimination raciale reste la plus répandue, infligeant des souffrances à des millions de personnes. Turk a souligné : "Les discours de haine se répandent sans entrave, ciblant de manière injuste des populations déjà vulnérables comme les migrants et les réfugiés". Cette dynamique de haine a engendré une rupture de la confiance au sein des sociétés, accentuant le chaos social.
Cette déclaration de l'ONU intervient dans un contexte où l'engouement pour la tolérance et l'inclusion est mis à rude épreuve. Des instances comme le rapport de l'Observatoire des Droits de l'Homme en France confirment cette tendance inquiétante, tandis que des sociologues comme Pierre Bourdieu préviennent des dangers d'une polarisation accrue au sein de la société française. Seule une mobilisation collective contre ces discours pourra contrer cette dérive et restaurer un climat de confiance, plaident de nombreux experts.







