C'est une situation préoccupante que vivent les 2 000 infirmières de l'association Asalée, qui, depuis fin janvier, n'ont pas reçu leurs salaires. Ces professionnelles de santé, engagées dans les maisons de santé en soutien aux généralistes, se mobilisent ce jeudi dans toute la France pour défendre leurs droits.
Les infirmières se rassembleront devant les caisses primaires d’assurance maladie et au siège national à Paris, soutenues par plusieurs médecins travaillant à leurs côtés dans des structures pluridisciplinaires. Avec un service qui touche 3,5 millions de patients en France, leur action vise à alerter sur les impacts de cette crise salariale. Le Parisien souligne que les consultations, qui durent entre 45 minutes et une heure, permettent un suivi crucial des patients, notamment pour ceux atteints de maladies chroniques.
Le rôle essentiel des infirmières d'Asalée
Actuellement, près d'un généraliste sur cinq collabore avec une infirmière dans les maisons de santé. L'initiative, lancée en 2004 dans les Deux-Sèvres, a depuis essaimé à l’échelle nationale. "Nous gérons des patients diabétiques, hypertendus, ainsi que des jeunes en surpoids", explique Céline Demontant-Gérard. "Nos consultations sont un outil précieux pour le suivi médical, complémentaire aux visites chez le médecin." Les infirmières sont rémunérées sur la base d'environ 2000 euros nets par mois, et, en principe, leur salaire est financé par l'Assurance maladie.
Les causes de cette crise salariale
Le blocage des paiements trouve son origine dans une décision de l'Assurance maladie, qui a suspendu le financement en décembre dernier, citant des irrégularités dans la gestion de l’association Asalée. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a révélé des manquements dans l'administration des fonds. En mars dernier, l'Assurance maladie a confirmé avoir prolongé exceptionnellement la convention de financement pour permettre à l'association de réformer sa gestion.
Face à cette situation, Céline Demontant-Gérard a exprimé son désarroi : "Mon dernier salaire date du 30 janvier, et nous n'avons toujours pas reçu celui de février. Malgré cela, nous continuons à travailler pour nos patients. Mais il est difficile de ne pas se sentir pris en otage dans cette situation."
Avenir incertain et mobilisation
Les représentants de l'association seront entendus ce vendredi devant le tribunal des affaires économiques de Paris pour envisager une procédure de redressement judiciaire, comme l'ont demandé les syndicats CFTD et Unsa. Si le tribunal donne un avis favorable, cela pourrait permettre le paiement des salaires par le dispositif de garantie des créances.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a assuré que les salaires devraient être rapidement honorés. Alors qu'elle répondait à des questions à l'Assemblée nationale, elle a également souligné que des mesures de soutien pour ces professionnels en difficulté étaient envisagées.
Toutefois, les dirigeants de l'association blâment les gouvernements successifs et l'Assurance maladie, arguant qu'ils ont obstrué le développement de leurs services durant la dernière décennie. La présidente d'Asalée est restée silencieuse face aux sollicitations de la presse.
Les libéraux de santé, un collectif intersyndical, revendiquent que tout soutien futur pour l'association soit soumis à une transparence totale concernant l'utilisation des fonds publics, et demandent la mise à l’écart immédiate des actuels dirigeants jugés responsables de la situation.







