Une ville laissée derrière… mais à jamais ancrée
Dans son nouveau roman, Quitter Forbach, Pablo Gubitsch examine avec profondeur son lien complexe à sa ville natale, mêlant sentiments de rejet et d'attachement. La ville, souvent considérée comme une prison durant sa jeunesse, est présentée comme un personnage à part entière, reflet des émotions de l’auteur.
« C'est un endroit dans lequel je me sentais enfermé plus jeune et que j'ai cherché à quitter à tout prix », confie Gubitsch, mettant en lumière la dualité de son expérience. Ce départ, bien que salvateur, génère une nostalgie persistante, transformant son écriture en un moyen d'articuler ces émotions et de revisiter un passé souvent rempli de ténèbres.
Une adolescence entre ennui et dérives
Le récit plonge au sein des quartiers populaires de Forbach, témoignant d’une jeunesse façonnée par des ressources limitées et un désintéressement scolaire généralisé. Les journées de l’adolescent se déroulent au gré des errances, à la recherche d’une excitation fugace. « On passait notre adolescence à errer et à traîner tout le temps », se souvient-il. Les premières expériences, parfois risquées, viennent jalonner ce parcours tumultueux. Gubitsch évoque sans détour les tentations et les excès, offrant un regard lucide sur une période de sa vie riche en émotions.
La nostalgie, entre piège et moteur d’écriture
Avec le temps, la perspective de l’auteur a évolué. Son retour à Forbach suscite une confrontation entre son passé et son présent. « Je pense que c'est un piège quand même, la nostalgie », admet-il, reconnaissant la complexité de ses sentiments. Malgré cette lucidité, son attachement à la Moselle reste tangible. La région continue d'agir comme un ancrage familial et émotionnel, enrichissant la narration du roman d'une profondeur inestimable.







