Ce jeudi 26 mars, les écoles de Gironde sont le théâtre de vives tensions. Parents et enseignants se mobilisent pour protester contre les fermetures de classes annoncées pour la rentrée prochaine, affectant des communes comme Braud-et-Saint-Louis, la Brède, Podensac et Pauillac. Selon les syndicats, ce sont au total 148 classes qui fermeront, tandis que seulement 55 nouvelles seront ouvertes, entraînant 94 fermetures nettes dans le département.
Le rectorat justifie ces décisions par une baisse des effectifs, anticipant une diminution de 2 768 élèves d'ici la rentrée 2026, dû à une décroissance démographique marquée.
Une mobilisation palpable
Ce jeudi matin, devant l’école de Villegouge, des familles se rassemblent. Sandro, un élève de CE1, exprime : "Il y a une classe qui ferme, et nous on veut pas". Son père, Guillaume Valeix, également maire de la commune, craint pour la qualité de l'éducation : "Si une classe ferme, le nombre d’élèves par classe va augmenter, affectant forcément l'apprentissage". Ce dernier souligne aussi que ce manque de structures peut dissuader les jeunes familles de s'installer dans la région.
Jean Letuffe, directeur de l'école, fait remarquer que c’est la première fois qu’ils font face à une telle menace : "Nous avons 127 élèves répartis en six classes depuis plus de 15 ans. Passer de 21 à 24 élèves par classe aura un impact significatif sur l’enseignement".
Conséquences de la fermeture
À Montagne, des enseignants comme Virginie anticipent déjà des classes en triple niveaux : "Si on ferme une classe, ça deviendra très compliqué avec deux niveaux combinés, comme CE1-CE2-CM1". Ce type de configuration met à mal la qualité de l'enseignement. Les équipes pédagogiques, tout comme les parents, ne cachent pas leur inquiétude face à ces arbitrages budgétaires. Une banderole a été déployée, qui clame : "Une classe en moins, des enfants en trop. Stop à la fermeture !". En réponse, toute l'équipe enseignante de l'école de Montagne a également rejoint le mouvement de grève.
La situation en Gironde est symptomatique d'une tendance alarmante. À mesure que les structures ferment, les communautés se retrouvent face à des défis de taille, tant sur le plan éducatif que démographique. Les experts soulignent que l’éducation est un pilier essentiel pour maintenir l'attractivité des territoires, comme le constate l'enseignement supérieur en France (source : Le Monde). Ce mouvement de grève, bien qu'axé sur des fermetures immédiates, soulève des questions cruciales sur l'avenir de l'éducation en milieu rural.







