Le tribunal administratif de Lille a confirmé, le 27 mars, l'interdiction imposée par la préfecture du Nord au groupe scolaire Averroès d'ouvrir une classe de CP. Bien que le juge des référés ait statué sur l'absence d'urgence à trancher, la question de la légalité de cette interdiction demeure sans réponse.
La préfecture a justifié son opposition à l'ouverture d'une classe en affirmant que le projet scolaire d'Averroès était en lien avec une volonté de domination des Frères musulmans, comme mentionné dans la décision du tribunal. Cette accusation a été contestée par l'association Averroès, qui argue qu'elle promeut justement des valeurs opposées. Par exemple, ils soulignent que les élèves des collèges et lycées affiliés ont la liberté de choisir le port du voile, ce qui ne serait pas le cas à l'école primaire.
Lors de l'audience du 16 mars, l'association a insisté sur l'urgence de décider rapidement pour permettre une mise en place adéquate des travaux et préparatifs pour la rentrée scolaire 2026, faisant valoir que leurs investissements ne devraient pas déboucher sur la dégradation de leur santé financière.
Un établissement phare pour l'enseignement musulman en France
Le tribunal a pourtant choisi de ne pas suspendre l'interdiction, notant que l'absence d'une classe CP n'aurait pas d'impact significatif sur les élèves, car des places sont disponibles dans d'autres établissements. Le ministère de l'Éducation nationale, face à ce type de situation complexe, examine régulièrement l'influence potentielle des établissements musulmans sur les jeunes.
En décembre 2023, la préfecture avait déjà mis fin au contrat d'association entre l'État et le lycée Averroès, principal lycée musulman de France. Toutefois, ce contrat a été rétabli dans le courant de 2025 suite à une décision de la justice administrative, mais reste sujet à une audience prochaine devant la cour administrative d'appel de Douai.
Avec ses 800 élèves, le groupe scolaire Averroès reste l'un des principaux établissements musulmans en France, soulevant des débats intenses sur l'éducation et la laïcité dans le pays.







