La ville d’Auterive a récemment pris une décision marquante en renommer le parc du château en "Square Jean Langlade". Ce jardin public, qui abrite l'un des monuments aux morts de la commune, rend ainsi hommage à un enfant du pays mort sur le champ de bataille durant la Première Guerre mondiale.
Tout a débuté par une lettre envoyée à la mairie par les descendants de Jean Langlade. Ses petits-enfants, arrières-petits-enfants et arrières-arrières-petits-enfants ont exprimé leur souhait de voir un lieu public dédié à la mémoire de l'homme né à Auterive le 29 décembre 1894. Ce souhait a récemment été exaucé.
Mobilisé à seulement vingt ans en septembre 1914, Jean Langlade a été intégré au 14e régiment d’infanterie avant de rejoindre le front du 83e régiment. Blessé pour la première fois à Arras en novembre 1915 par un éclat d’obus à la jambe, il a néanmoins continué à se battre. C’est au Mont Cornillet, près de Reims, qu’il a subi une blessure dévastatrice le 17 avril 1917, lorsqu’une balle explosive lui a fracturé la mâchoire, le défigurant à jamais. Il devient ainsi l’un des nombreux "Gueules cassées" réclamées par la guerre.
Malgré ses blessures, sa fiancée Anaïs ne l'a jamais abandonné, et ils se sont mariés en septembre 1918. Honoré de la Médaille militaire et de la Légion d’honneur en 1956, Jean Langlade, décrit par ses supérieurs comme un "soldat modèle", a réintégré la vie civile où il a travaillé comme électricien, cultivé sa vigne et soutenu le club de rugby local.
Jean Langlade a disparu en 1990 à l’âge de 96 ans, et cet hommage semblait donc mérité. Comme l’a mentionné René Azéma, ancien maire et fervent défenseur de ce projet, ce geste permet de conclure son mandat sur une note significative pour la mémoire collective d’Auterive.







