Dans une station Total de Forbach, il n'y a plus de diesel depuis plus de 24 heures. "Ils sont en rupture de diesel !" s'exclame Mireille, sortant la tête par la fenêtre de sa voiture. "J'étais déjà sur la réserve, et j'ai peur de tomber en panne avant d'atteindre la prochaine station."
Olivier, habitant de Stiring-Wendel, partage son inquiétude : "Quand il n’y a pas de queue ici, cela n’augure rien de bon. Je vais attendre quelques jours pour voir si la situation se rétablit."
Mais qu'est-ce qui cause cette pénurie ? D'une part, TotalÉnergies fait face à une forte demande : le gazole y est à 2,09 euros le litre, un prix attractif pour les automobilistes, surtout lorsque l'on compare aux augmentations plus marquées chez nos voisins allemands. En effet, l'Allemagne est le pays de l'Union européenne où les prix ont le plus augmenté depuis début mars, en grande partie à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Chacun profite : un jour nous, un jour eux
Dans cette même station, les plaques d'immatriculation allemandes affluent. "C'est vide..." déclare une automobiliste allemande, constatant l'absence de carburant. Une autre cliente, Mireille, confie : "Samedi matin, il y avait une queue d'une heure et demie, tous des Allemands. Avant, c'était nous qui allions en Allemagne. C'est étrange de constater ce retournement." Antoine, un autre habitant, renchérit : "Chacun en profite à sa manière. Aujourd'hui, c'est à leur tour !"
Des mesures annoncées par le gouvernement allemand
Du côté allemand, la flambée des prix est également palpable. Le litre de gazole est entre 20 et 40 centimes plus cher en Allemagne qu'en France. "C’est inquiétant", témoigne Sibel, venue de Francfort. "Comment peuvent-ils continuer à travailler avec des trajets d’une heure ?" Le gouvernement fédéral a d'ores et déjà annoncé des mesures pour réguler cette hausse, comprenant une limitation des augmentations de prix à une fois par jour et des contrôles renforcés des compagnies pétrolières.







