La trêve hivernale s'achève ce mardi soir, ouvrant la voie à une reprise des expulsions locatives dès mercredi. En 2025, un chiffre alarmant de 30.500 ménages a été forcé de quitter leur domicile, soit une hausse de 27 % par rapport à l'année précédente. Les organisations de soutien au logement redoutent que cette tendance s'accentue dans les mois à venir.
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association Droit au Logement (DAL), exprime des préoccupations croissantes, affirmant : "Cela va encore augmenter. Vincent Jeanbrun (le ministre du Logement, ndlr) est un bourreau des locataires, il aimerait atteindre 50.000 expulsions par an." Ces propos illustrent l'inquiétude des associations face à l'augmentation des expulsions dans un contexte de crise du logement qui s'intensifie.
Le ministre Jeanbrun semble s'inspirer du modèle canadien, où le processus d'expulsion est plus rapide et où l'accès au logement est facilité. "Il veut rétablir la confiance entre propriétaires et locataires", a-t-il déclaré, ajoutant que des changements dans la législation pourraient être nécessaires pour résoudre la crise.
Un tiers des expulsés n'ont pas de solution de relogement
Dans un contexte de pauvreté croissante, la loi Kasbarian-Bergé, qui fragilise les protections existantes, est davantage critiquée. Marie Rothhahn, de la Fondation pour le logement des défavorisés, souligne un manque croissant de protections : "On n'a plus de protection des ménages." Les assistantes sociales constatent un nombre croissant de femmes seules accompagnées d'enfants et de personnes âgées sollicitant de l'aide pour éviter l'expulsion.
Une étude de la Fondation pour le logement révèle qu'un tiers des expulsés se retrouvent sans solution de relogement durable, un à trois ans après leur expulsion. La trêve hivernale, instaurée en 1956, suspend les expulsions ainsi que les coupures d'électricité ou de gaz durant les mois les plus froids, du 1er novembre au 31 mars.







