En 2025, les expulsions forcées ont connu une augmentation alarmante de 27 %, atteignant 30 500 ménages, un chiffre qui double celui de 2016. Alors que la trêve hivernale prend fin ce mardi, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, évoque une sortie rapide du logement en cas d’impayés, suscitant de vives préoccupations parmi les associations d’aide au logement.
La trêve hivernale, instaurée pour la première fois en 1956, suspend les expulsions locatives et les coupures de services essentiels entre le 1er novembre et le 31 mars, période considérée comme la plus froide de l’année. Pourtant, l'année dernière, les expulsions ayant nécessité l’intervention des forces de l’ordre ont bondi à 30 500, selon les commissaires de justice, révélant une crise du logement de plus en plus aiguë.
Le ministre du Logement « veut accélérer les expulsions locatives »
En 2024, les expulsions avaient déjà explosé de 87 % par rapport à l’année précédente, conséquence directe de la aggravation de la crise du logement et de l'accumulation de dossiers d’impayés non traités durant la crise sanitaire. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au Logement (DAL), a vivement critiqué le ministre, le qualifiant de “bourreau des locataires”.
« Ça va encore augmenter », a-t-il prophétisé, se référant à la volonté affichée de Jeanbrun d'imiter le « modèle canadien », reconnu pour sa pratiques de baux très libéraux où les congés peuvent être donnés sans motif. Vincent Jeanbrun lui-même a fait référence lors d'une interview sur CNews à la nécessité d'une « sortie rapide du logement » en cas d’impayés, tout en prônant un lien de confiance entre locataires et propriétaires.
La problématique est d'autant plus aiguë avec l’augmentation de la pauvreté en France. Marie Rothhahn, responsable de la lutte contre la privation de droits sociaux à la Fondation pour le logement des défavorisés, souligne que la loi Kasbarian-Bergé fragilise les protections existantes et accorde plus de liberté aux préfets dans les cas d’expulsions.
Dans le Val-de-Marne, Bernard Thoreau, membre de la Confédération nationale du logement, constate un changement dans les profils des demandeurs d’aide : « Nous voyons de plus en plus de femmes seules avec enfants et de personnes âgées ». Les études de la Fondation continuent d'alerter sur le sort des expulsés, révélant qu’un tiers d’entre eux se retrouve sans solution de relogement durable dans les mois qui suivent leur éviction.
À l'aube de cette nouvelle période après la trêve hivernale, les préoccupations grandissantes mettent en lumière une crise du logement qui ne semble pas prête à se résoudre. Alors que le nombre d'expulsions atteint des sommets, la solidarité et le soutien des associations demeurent cruciaux pour accompagner ceux qui se retrouvent dans des situations d'extrême précarité.







