Le 31 mars 2026 marquera un tournant tragique pour le commerce en France. Le tribunal de commerce de Marseille a ordonné la transition de la SAS Néomarché, propriétaire de l’enseigne Alinea, d'un redressement judiciaire à une liquidation judiciaire. Ce déclin économique et social plonge près de 1 000 employés dans l'incertitude.
Depuis le début de la procédure de redressement à la fin de 2025, les espoirs de cession globale se sont évanouis peu à peu. Malgré la solide réputation d'Alinea, aucune offre de reprise n'a permis de sauver l'entreprise, dont le passif atteint environ 40 millions d'euros. De plus, une dette intragroupe de 90 millions d’euros reste non réclamée par son actionnaire, choisissant de ne pas alourdir la procédure, comme l'indique La Provence.
Face à l'absence de repreneur pour l'ensemble de l'entreprise, la liquidation est devenue une nécessité. L’enseigne a commencé un déstockage massif avec des réductions de 30%, signe avant-coureur de la fermeture définitive des magasins. La dimension humaine de cette faillite est particulièrement préoccupante, avec 986 salariés en CDI affectés. Le tribunal a d’ailleurs salué le comportement exemplaire des employés, qui ont fait preuve d'une dignité et d'un professionnalisme remarquables durant cette période chaotique.
Malgré les difficultés, les équipes sont restées mobilisées, continuant d’assurer le service à la clientèle avec rigueur et dévouement. Cette attitude a joué un rôle crucial lors des négociations sociales, poussant les actionnaires à financer un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de plus de 10 millions d’euros en indemnités supra-légales, comme rapporté par La Provence.
Le démantèlement des actifs
Bien que l'enseigne Alinea soit en déliquescence, ses emplacements stratégiques suscitent toujours l'intérêt de nombreux acteurs du secteur. Ikea France a exprimé un intérêt pour les sites de Nancy et Angers, tandis que Leroy Merlin et Grand Frais ont fait des propositions pour certains points de vente. Toutefois, des enseignes de déstockage comme B & M ou Centrakor ont décliné la reprise, estimant que le positionnement d'Alinea ne correspondait pas à leur modèle.
Le désarroi des franchisés et l’avenir de la marque
Les franchisés se retrouvent également dans une situation critique. Aucun contrat de franchise ne sera repris, entraînant environ 130 licenciements supplémentaires. Quant à la marque Alinea, elle demeure sans repreneur et tombera sous la gestion du liquidateur, laissant ouverte une éventuelle reprise future sous un format numérique.
En guise de conclusion, la chute d'Alinea met en lumière la fragilité du secteur de l’ameublement. Plus qu’un bilan comptable, ce sont les visages des employés qui se sont battus jusqu’au bout qui resteront ancrés dans la mémoire collective suite à cette décision judiciaire à Marseille.







