L’association de défense des consommateurs UFC Que Choisir a récemment annoncé qu’elle assignait en justice Ubisoft, le célèbre éditeur de jeux vidéo, pour avoir désactivé l'accès à son jeu de course phare, « The Crew », il y a deux ans. Cette action vise à dénoncer des pratiques commerciales jugées « trompeuses » et des « clauses abusives » qui affectent les consommateurs.
Dans son communiqué, UFC Que Choisir met en avant le fait qu’Ubisoft a coupé l’accès au jeu en désactivant ses serveurs, privant ainsi les joueurs de l’utilisation d’un produit pour lequel ils avaient pourtant payé. L’association affirme que les consommateurs n'ont jamais été informés d'une éventuelle « date de péremption » de leur droit d'accès au titre.
Déposé au tribunal de Créteil, le recours de l’association souligne également l’« inacceptabilité » des conditions générales d’Ubisoft, qui stipulent que les joueurs n’acquièrent qu'une simple « licence d’utilisation », susceptible d'être annulée à tout moment par l’éditeur. Ce type de pratiques soulève des questions quant à la protection des droits des consommateurs dans le secteur du jeu vidéo.
Mobilisation des consommateurs
Cette action s’inscrit dans un mouvement plus vaste visant à défendre les droits des joueurs, illustré par une initiative citoyenne européenne, intitulée « Arrêtez de détruire les jeux vidéo », qui a réussi à rassembler plus d'un million de signatures l'an dernier. Ce collectif dénonce les pratiques des éditeurs qui désactivent les serveurs des jeux après quelques années, les rendant ainsi totalement inaccessibles aux utilisateurs.
La déconnexion de « The Crew », qui comptait près de 12 millions de joueurs deux ans après sa sortie en 2014, est perçue comme un exemple emblématique des enjeux juridiques que soulève l’effritement des droits des consommateurs dans l’industrie vidéoludique, comme l’a déclaré Brune Blanc-Durand, juriste à UFC Que Choisir, lors d’un entretien avec l’AFP.
« Ce service n’est pas éternel »
Bien que le jeu puisse être joué en ligne, il offrait également un mode « solo » que les utilisateurs pouvaient explorer sans connexion. Cependant, cette partie a été rendue inaccessible suite à la désactivation des serveurs. Lors d'une récente Assemblée générale, le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, a justifié cette décision en expliquant que maintenir les serveurs opérationnels nécessite des ressources significatives.
« Vous fournissez un service et ce service n’est pas éternel. Il y a une durée d’exploitation », a-t-il précisé, en ajoutant que cette situation concerne non seulement Ubisoft mais également d'autres acteurs de l’industrie. Il est évident que ces enjeux soulèvent des questions sur la durabilité des jeux vidéo dans un marché en constante évolution.







