Les territoires ultramarins offrent souvent une image idéalisée depuis la métropole, mais la réalité est bien plus complexe. En effet, ces départements font face à des défis économiques et sanitaires considérables. Parmi les problèmes récurrents, la prévalence d'obésité, de diabète et d'hypertension rend la situation alarmante. L'un des facteurs majeurs de ces inégalités nutritionnelles réside dans la teneur élevée en sucre des produits disponibles.
En Guadeloupe, en Martinique et dans d'autres régions d'outre-mer, les produits industriels affichent en moyenne des taux de sucre supérieurs à ceux de la métropole, illustrant un écart parfois choquant. Ainsi, un soda acheté à Fort-de-France pourrait être plus sucré qu'à Marseille, en dépit d'une loi qui vise à réguler cette situation. En mars dernier, 11 députés ont interpellé le ministre de la Santé pour exiger l'application de la loi Lurel, dont l'objectif est de garantir l'équité des produits alimentaires.
Des aliments plus sucrés en outre-mer
Cette problématique souligne les inégalités systémiques lesquelles ces territoires continuent de faire face, exacerbées par une gestion souvent déficiente. Récemment, une rupture d'eau en Guadeloupe, causée par des actes de malveillance, a laissé de nombreux habitants sans accès à une ressource essentielle, un événement qui n'est pas isolé. Ces dysfonctionnements impactent la qualité de vie, avec un système de santé moins performant et des conditions de vie précaires.
Depuis 2013, la loi interdisant l'ajout de sucre dans les produits destinés à ces territoires a été promulguée, mais son application n'est jamais devenue effective. Augmenter la proportion de sucre dans l'alimentation favorise diverses pathologies. Par exemple, le taux de diabète en Martinique atteint 10 % de la population, presque le double par rapport à la moyenne nationale. Ces chiffres révèlent la gravité de la situation, exacerbée par la pandémie qui a frappé ces territoires plus durement que la métropole.
Pourquoi cette inégalité ?
Les disparités dans les taux de sucre varient considérablement d'un produit à l'autre. Bien que certains sodas puissent avoir des niveaux de sucre équivalents à ceux de métropole, d'autres montreraient des augmentations allant jusqu'à 45 % ! La responsabilité des différentes recettes dues à la localisation de production est en cause, avec des marques adaptant leurs produits en fonction des goûts perçus des consommateurs locaux. Lorsqu'on parle du Fanta orange, par exemple, l'écart de 42 % a suscité une réaction, bien que la tendance générale demeure.
Cette situation soulève de nombreuses questions sur les motivations industrielles derrière la formulation des produits. Victorin Lurel a mis en lumière un discours véhiculé par les fabricants, suggérant que les populations d'outre-mer sont genetically prédisposées à apprécier le sucre, une théorie qui manque de preuves scientifiques solides. En revanche, pour les produits laitiers, le manque de production locale conduit à l'importation de lait en poudre, qui est naturellement plus sucré à cause de sa teneur en lactose.
Enfin, la législation actuelle présente certaines lacunes, en se contentant de fixer des seuils maximums de sucre sans garantir une diminuer la moyenne. Dans les territoires d'outre-mer, la consommation de boissons sucrées reste alarmante, bien supérieure à celle de la métropole. Par exemple, en Guadeloupe, une personne consomme en moyenne 69 g/jour de ces boissons, contre 39 g/jour en métropole. L'application stricte de la loi pourrait constituer une avancée décisive dans la lutte contre ce fléau. Il est crucial que le ministère de la Santé prenne ce dossier au sérieux.







