Jean-Paul Delevoye a débuté ses réactions aux questions des citoyens concernant la réforme des retraites sur la plateforme de concertation numérique. Chaque semaine, les questions les plus votées reçoivent des réponses directes.
Dix jours après le lancement, la plateforme a déjà enregistré plus de 1000 questions. Cette consultation illustre bien les préoccupations des Français autour de ce projet, que l'on entend souvent évoquer dans les discussions quotidiennes. C'est ici que Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, ainsi que son équipe, apportent des éclaircissements.
Un simulateur après le vote de la loi
Chaque week-end, cinq questions sont retenues par Jean-Paul Delevoye et son cabinet, choisies parmi celles qui ont reçu le plus de soutien. Pour répondre aux inquiétudes concernant l'absence d'un simulateur permettant de visualiser les différences avant et après la réforme, son équipe a partagé un calendrier prévisionnel. Un module pour déterminer si l’on sera affecté par la réforme ainsi que des exemples concrets seront mis à disposition après l'adoption du projet de loi. Le simulateur individuel, quant à lui, ne sera opérationnel qu'après le vote détaillé: "Notre objectif est qu’il soit disponible environ six mois après le vote de la loi", précisent les conseillers.
Les internautes ont réagi rapidement, appelant à la mise en place immédiate d'un simulateur basé sur les recommandations de juillet dernier. "Tout individu, qu'il soit du secteur privé ou public, doit pouvoir comparer dès maintenant le système actuel avec la proposition faite dans votre rapport, même si des ajustements sont à prévoir!", a souligné un utilisateur.
Les élus, des privilégiés ?
Parmi les questions posées, deux se penchent sur la retraite des élus. Lors d'un échange avec Emmanuel Macron à Rodez, une certaine frustration concernant les élus et hauts fonctionnaires, accusés d'échapper à la réforme des retraites, avait déjà émergé.
Jean-Paul Delevoye a cherché à rassurer les citoyens: "Le système universel mettra fin au régime spécifique des parlementaires, qu'il s'agisse de députés, sénateurs ou conseillers du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ils suivront désormais les mêmes règles que l'ensemble des Français". S’agissant du gouvernement, des hauts fonctionnaires et des élus locaux, Delevoye rappelle que ces derniers sont déjà soumis à ces normes.
Les régimes spéciaux et le nouveau calcul des retraites
Un fonctionnaire a également questionné le haut-commissaire sur le nouveau mode de calcul des retraites. Contrairement à l'ancien système qui ne prenait en compte que les six derniers mois de carrière, le nouveau système à points se basera sur l'intégralité de la carrière, ce qui pourrait désavantager certains agents ayant peu de primes.
Jean-Paul Delevoye a reconnu que pour ceux dont les primes sont faibles, l'implémentation du système universel de retraite pourrait nécessiter une révision des salaires. Il a ajouté que l'on devrait envisager une réflexion sur la rémunération des fonctionnaires, notamment des enseignants et des chercheurs. En d'autres termes, la transition vers un régime uniforme pour les fonctionnaires nécessitera une redéfinition de la notion même de carrière dans la fonction publique.
Étant donné le nombre de questions, les régimes spéciaux seront sûrement de nouveau à l’ordre du jour la semaine prochaine, avec des questions variées sur leur suppression ainsi que des cas plus précis, notamment ceux liés aux journalistes, artistes ou scaphandriers, comme l’a souligné un réglementateur sur la plateforme.







