La cheapflation, un terme qui résonne de manière inquiétante dans le monde de l'agroalimentaire, combine deux notions : la volonté de réduire les coûts tout en augmentant les prix. Cette tendance est alimentée par une inflation croissante, où les consommateurs se voient contraints de faire avec des produits de moins en moins qualitatifs, souvent à un prix en hausse.
Qu'est-ce que la cheapflation ?
Ce terme, mélange de 'cheap' et 'inflation', décrit une situation où les industriels diminuent la qualité des produits tout en augmentant leurs prix. Par exemple, une marque pourrait réduire le pourcentage de viande dans un plat préparé tout en justifiant cette hausse par des événements extérieurs tels que des pénuries ou des crises économiques. Les petites modifications dans la composition d'un produit passent souvent inaperçues pour le consommateur moyen, mais elles entraînent de véritables économies pour les entreprises.
Une pratique en pleine expansion
La cheapflation n'est pas un phénomène nouveau, mais elle connaît une recrudescence ces dernières années. Des études de l'ONG Foodwatch montrent que certaines marques emblématiques ont modifié des recettes tout en augmentant les prix. Par exemple, un cordon bleu populaire a vu sa proportion de viande diminuer de manière significative, tandis que le prix a grimpé de 25 % en deux ans.
Le problème est aggravé par le fait que les consommateurs, souvent pris de court par le rythme effréné de la vie moderne, ne vérifient pas systématiquement la liste des ingrédients. De même, il est courant que les produits les plus accessibles et abordables soient les plus transformés, ce qui contribue à une alimentation de mauvaise qualité et à des problèmes de santé publique.
Impacts sur la société et la santé
Ce phénomène de cheapflation a des répercussions directes sur la santé des consommateurs, surtout ceux issus de milieux modestes. Ces derniers, qui dépendent des produits les moins chers, se retrouvent souvent avec une alimentation riche en sucres et en graisses, tout en étant privés d'ingrédients nutritifs. La malbouffe devient ainsi la norme, exacerbant les problèmes d'obésité et de maladies chroniques.
Des initiatives comme celle de Foodwatch visent à sensibiliser le public sur ces pratiques douteuses, car bien que légales, elles nuisent à la transparence et à la santé des consommateurs. Les autorités s'efforcent de renforcer la réglementation pour protéger les droits des consommateurs face à ce flou légal qui favorise les grandes marques.







