Lidl France a lancé le 9 avril des discussions avec ses syndicats concernant un plan de réorganisation, prévoyant la suppression de jusqu’à 550 postes administratifs, soit environ 1,2 % de ses effectifs. C'est une première depuis 2013 pour le discounter allemand, qui souhaite ainsi renforcer sa compétitivité dans un marché en évolution rapide.
Avec un effectif de 46 000 salariés sur le sol français, l'enseigne vise à simplifier ses fonctions support. Une porte-parole a souligné que « les départs seraient volontaires », précisant qu'il n'y aura pas de licenciements contraints. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large pour une gestion efficace des coûts et une centralisation des opérations.
En parallèle, Lidl prévoit la création d’une centaine de nouveaux postes dans ses bureaux à Strasbourg et Châtenay-Malabry, ainsi que cinquante dans ses directions régionales. Cette démarche vise à optimiser des fonctions comme la gestion des commandes, les ressources humaines et le merchandising, que l'entreprise juge trop variées et peu homogènes dans leur exécution.
Le projet de réorganisation, qui se concrétisera par une rupture conventionnelle collective, est perçu comme stratégique pour améliorer le pilotage des différents départements de l’entreprise. Selon la porte-parole, « les employés des plateformes logistiques et des supermarchés ne seront pas affectés ».
2 000 magasins en 2035
Lidl, qui détient 7,8 % de parts de marché en France, vise à déployer 2 000 magasins d’ici 2035, contre 1 622 actuellement. La crise économique et l’inflation ont mis l’entreprise sous pression, entraînant une perte de 400 000 clients depuis 2022, alors que son direct concurrent E.Leclerc continue de croître, profitant de la hausse des prix.
Bien que l'enseigne espère maîtriser ses coûts de fonctionnement, aucun chiffre précis sur les économies attendues n'a été divulgué, l'accent étant principalement mis sur la réorganisation et l'optimisation des opérations. L’entreprise clame être « presque à l’équilibre » en termes de résultats, ayant enregistré une perte de 72 millions d’euros pour 2023-2024, selon le média LSA.
« Très vigilant »
Face à ces changements, Mohamed Sylla, secrétaire général du syndicat Unsa Lidl, a exprimé ses préoccupations précisant que « même sans licenciements directs, une culture d'incertitude s'installe parmi les salariés », rappelant que ce type de réorganisation est inédit pour Lidl. « Nous avons des employés inquiets », a-t-il ajouté.
Les décideurs de l’entreprise, sous la direction actuelle, semblent adopter une approche plus constructive par rapport aux précédents dirigeants, avec qui la communication avait été plus difficile. Cependant, des choix stratégiques passés continuent d'affecter les performances de l'enseigne. Lidl n'est pas seul dans ce contexte, d'autres grands distributeurs comme le groupe Casino et Auchan procèdent également à des réductions d'effectifs.







