Jeudi, la police vénézuélienne a dispersé des manifestants à Caracas qui réclamaient des augmentations de salaire devant le palais présidentiel de Miraflores, d'après les observations de l'AFP.
"Allons jusqu'à Miraflores !" ou encore "Ils craignent l'arrivée du peuple à Miraflores !" criaient environ 2 000 participants, rassemblés dans le centre de Caracas, non loin du palais.
Suite à un bras de fer, les forces antiémeute, munies de boucliers, ont utilisé des gaz lacrymogènes pour dissiper les manifestants, qui brandissaient leur drapeau national. Ces manifestations se font rares au Venezuela, surtout depuis la répression accrue contre ceux qui s'opposent à Nicolas Maduro, désormais déchu par ses pairs.
Les syndicats, responsables de l'organisation de ce rassemblement, dénoncent des salaires misérables, stagnants depuis quatre ans. Mercredi, Delcy Rodriguez, présidente par intérim, avait promis une "augmentation responsable" pour le 1er mai, sans toutefois fournir de chiffres concrets. Cette annonce a été accueillie avec méfiance par les travailleurs.
"On exige un salaire décent maintenant, ce qu'a dit Delcy Rodriguez est une farce", a affirmé Mariela Diaz, une retraitée de 65 ans. Son compatriote Mauricio Ramos, 71 ans, a renchéri : "Assez des mensonges et des pseudo-augmentations de salaire. Ce que le gouvernement appelle augmentation n'est qu'une hausse des primes."
Actuellement, le salaire minimum au Venezuela correspond à 0,27 dollar, malgré une inflation dépassant les 600 % par an. Bien que les salaires puissent atteindre 150 dollars grâce aux primes étatiques, cette somme reste largement insuffisante pour couvrir le coût de la vie, estimé à 645 dollars pour un panier alimentaire de base, selon des experts économiques.
Delcy Rodriguez, dernière vice-présidente de Nicolas Maduro jusqu'à la capture de ce dernier par les forces américaines le 3 janvier, a promis de rectifier les "erreurs" économiques du gouvernement précédent. Pour répondre aux pressions de Washington, elle a mis en place plusieurs réformes, y compris une loi d'amnistie pour les prisonniers politiques et une ouverture du secteur pétrolier au privé.







