L'accord commercial entre l'Union européenne (UE) et les pays du Mercosur entre en vigueur, provoquant des réactions mitigées. Alors que Bruxelles, Madrid et Berlin saluent un moment historique, la France et les agriculteurs de l'UE dénoncent un risque de concurrence déloyale.
Après plus de 25 années de négociations, cet accord met en place l'une des plus grandes zones de libre-échange, touchant plus de 700 millions de consommateurs, selon les responsables européens.
Dès le premier jour, des réductions significatives de droits de douane sur l'exportation de voitures, de produits pharmaceutiques et de vin vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay sont attendues, soulignant l'importance immédiate de cet accord.
"C'est une grande journée", a déclaré Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, qualifiant l'accord d'"historique". Cependant, des voix critiques, comme celle de Manon Aubry, eurodéputée française, préviennent que les agriculteurs européens seront imminemment confrontés à une saturation du marché par des produits agricoles provenant de pays aux normes environnementales moins strictes.
Les préoccupations concernant la souveraineté économique européenne se font entendre. Les partisans, comme les gouvernements espagnol et allemand, soutiennent que cet accord relancera l'économie de l'UE, menacée par la concurrence asiatique et les taxes américaines.
Toutefois, les opposants, notamment la France et la Pologne, notent que cette libéralisation pourrait nuire aux agriculteurs européens, en favorisant l'entrée de produits à bas prix et en contournant les exigences strictes de l'UE. Des actions ont déjà eu lieu, les agriculteurs manifestant à Bruxelles pour exprimer leur mécontentement.
Ce projet commercial a été soumis à de multiples révisions et concessions, telles que des garanties pour les secteurs les plus sensibles, mais ces efforts n'ont pas suffi à apaiser les craintes des opposants.
Le Parlement européen a saisi la justice pour enquêter sur la légalité de cet accord, mais dans l'attente de ce verdict, la Commission a choisi de sauter le pas avec une application provisoire, une décision qui suscite encore la controverse, notamment de la part d'Emmanuel Macron, qui évoque une "mauvaise surprise".
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, justifie cette démarche par la nécessité de diversifier les partenariats commerciaux face aux défis géopolitiques, notamment le retour de Donald Trump au pouvoir. Ainsi, d'autres accords avec l'Inde et l'Australie ont également été établis.
Pour célébrer l'entrée en vigueur de l'accord Mercosur, von der Leyen participera à une visioconférence avec les dirigeants sud-américains, soulignant ainsi l'importance stratégique de ce partenariat commercial pour l'avenir économique européen.







