Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l'époque du "pré carré" français en Afrique francophone est résolument révolue. À son arrivée à Nairobi, au Kenya, le dirigeant a justifié le choix de ce pays anglophone pour le sommet franco-africain, tandis qu'il prend ses distances avec trois États sahéliens marqués par des tensions.
Macron a rencontré son homologue kényan, William Ruto, qu'il considère comme un partenaire essentiel dans un contexte où la France cherche à diversifier ses relations sur le continent, après des périodes tumultueuses dans ses anciennes colonies. "L'avenir, c'est ici, en Afrique, et en particulier avec le Kenya," a-t-il souligné.
Organisé sous l'intitulé "Africa Forward" (En avant l'Afrique), le sommet se concentrera sur l'économie et les investissements, inaugurant un dialogue constructif entre les deux pays. "Nous avons beaucoup changé au cours de la dernière décennie," a affirmé Macron lors d'une conférence de presse conjointe, insistant sur le fait qu'il n'a jamais perçu l'Afrique francophone comme un terrain exclusif.
La France a été contrainte de s'adapter face aux développements politiques au Mali, au Burkina Faso, et au Niger, où des coups d'État ont fragilisé cette relation. Les dirigeants de ces pays seront absents à Nairobi, alors que le sommet coïncide avec la montée des défis sécuritaires dans la région.
Macron a tenu à rassurer les participants en précisant que d'autres nations d'Afrique de l'Ouest, comme le Sénégal et la Côte d'Ivoire, seront présentes. "C'est important d'avoir une représentation solide malgré les absences," a-t-il ajouté.
L'indépendance croissante de ces nations a alimenté un sentiment antifrançais dans toute l'Afrique, mais Paris espère que cette nouvelle relation avec le Kenya pourra redynamiser ses liens sur le continent. Le Kenya, qui abrite aujourd'hui 140 entreprises françaises, représente un symbole de cette ambition renouvelée.
Dimanche, CMA CGM a conclu un partenariat avec le gouvernement kényan pour développer des infrastructures d'une valeur de 700 millions d'euros, témoignant de l'intérêt croissant des entreprises françaises pour ce marché.
William Ruto, devenu un interlocuteur clé dans les relations nouvellement tissées, a déclaré : "Nous avons des vues communes sur la réforme de l'architecture financière internationale," une discussion qui sera centrale lors du sommet.
Le président kényan devrait sortir renforcé de cet événement, se préparant à représenter l'Afrique lors du prochain G7 à Evian, une première étape vers un rééquilibrage du pouvoir économique et politique sur le continent.
Le sommet de Nairobi, qui promet d'être un carrefour d'opportunités économiques, verra la participation de nombreux dirigeants d'entreprises françaises, renforçant ainsi les liens économiques entre les deux nations. Plusieurs milliards d'euros d'investissements sont attendues, augmentant les attentes autour de ce nouveau partenariat.
Enfin, la tournée africaine de Macron se conclura en Ethiopie, une occasion supplémentaire de sceller des alliances au sein d'un continent en pleine mutation. Cette démarche témoigne d'une volonté claire de repositionner la France comme un partenaire fiable et respectueux des aspirations des pays africains.







