« Cette année, c'est terminé », se désespère Olivier Kull, président de l'Union régionale de Jeunesse au Plein Air (JPA), qui regroupe 39 structures dédiées à l'accompagnement des jeunes en vacances. En effet, depuis 2018, la JPA bénéficiait d'un soutien annuel de 50.000 à 60.000 euros alloué par la Région, permettant à environ 700 enfants de partir chaque été. Mais en février, les associations ont reçu la triste nouvelle que cette aide ne serait pas renouvelée cette année.
« c'est un très mauvais signal pour le tourisme social et solidaire », souligne Olivier Kull, ajoutant que le secteur associatif souffre déjà de baisses de financements incessantes.
Les conséquences de cette décision sont lourdes. « Nous laissons encore plus de personnes s'enfoncer dans la pauvreté », déplore-t-il, alors que selon l'Observatoire des inégalités, cinq millions d'enfants en France ne partent pas en vacances, souvent en raison de la précarité de leurs familles.
La décision de supprimer cette subvention a été justifiée par un budget 2026 jugé « extrêmement contraint », selon le Conseil régional. Les aides visaient à soutenir les enfants de 6 à 14 ans, alors que la politique jeunesse de la Région se concentre essentiellement sur les jeunes de 15 à 29 ans, comme l’a précisé Elisabeth Del Genini, vice-présidente de la collectivité, lors d'une interview avec l'AFP.
les oubliés des vacances
De plus, cette aide « très volontaire » était en réalité intégrée dans une politique sociale qui, selon Del Genini, relève davantage des compétences de l'État, des départements, des municipalités ou des Caisses d'allocations familiales.
En parallèle, une subvention d'environ 39.000 euros octroyée au Secours Populaire Français (SPF) pour la « journée des oubliés des vacances », qui bénéficie chaque année à 2.000 enfants de 8 à 13 ans, est également remise en question. Camille Vega, responsable du SPF dans le Bas-Rhin, reste préoccupée quant à l'avenir de cette initiative.
Bien que l'action soit maintenue pour 2026, la baisse des financements risque de diminuer le nombre d'enfants pouvant en bénéficier. Des alternatives deviennent nécessaires, comme l'explique Biruté Abeciunaite de Caritas-Secours Catholique Alsace, qui a également été affectée par ces coupes budgétaires, réduisant ainsi ses camps de vacances.
pas un luxe
Réagissant à cette situation, le Département de Meurthe-et-Moselle a exprimé ses préoccupations. « La suppression de cette aide est un signal inquiétant », a déclaré la collectivité. En 2025, le département a attribué 55.000 euros à la JPA, permettant le départ de près de 600 enfants.
« Les vacances ne sont pas un luxe, mais un temps essentiel pour leur développement et leur ouverture au monde », ont souligné les responsables du département.
Avec une majorité de séjours pour enfants se déroulant dans les Vosges, Olivier Kull rappelle que ces activités génèrent également du chiffre d'affaires pour l'économie locale. Malgré la promesse d'une augmentation du budget global pour les associations par la Région, beaucoup restent prudents quant à sa mise en application. Kull conclut : « Quand il y a une véritable volonté politique, il est toujours possible de trouver des solutions. »
À l'échelle nationale, selon les informations de BFM TV, le gouvernement a également supprimé le dispositif des 'colos apprenantes', qui avait permis à 400.000 enfants de bénéficier de vacances éducatives. Les acteurs du secteur craignent ainsi un recul historique du droit aux vacances.







