Évitez d’évoquer une fin imminente avec Emmanuel Macron. Loin de toute idée de tournées d’adieu, il se projette à l’action "jusqu’à la dernière seconde", espérant contrer l’érosion habituelle à la fin des mandats.
D'ici un an, le 14 mai, il tournera la page de son second quinquennat à seulement 49 années, devenant ainsi un ancien président. La montre tourne, et chaque événement déclenche une sensation de dernier acte, à commencer par le 1er juin avec son projet phare, Choose France, au château de Versailles, symbole d'une attractivité retrouvée pour les investissements étrangers.
L'Élysée en est conscient et s'efforce de présenter un mandat encore dynamique. "Nous devons donner une image d'action plutôt que de bilan", affirme un conseiller, qui ajoute que chaque geste doit être significatif, "comme planter les clous d'une œuvre".
Chaque semaine, plusieurs conseillers quittent leurs fonctions, ce qui crée une atmosphère de fin de cycle. Parmi eux, Emmanuel Moulin, le secrétaire général, qui est parti avec ses adjoints, suivi bientôt par des figures emblématiques de l’équipe.
Cependant, le climat au palais semble moins accablant qu’il y a quelques mois. Après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et des tensions gouvernementales récurrentes, les dernières interventions de Macron, notamment celles évoquant la présidentielle de 2026, semblaient déjà teintées d’une sagesse testamentaire.
Son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, avait même appelé à la démission d’un président isolé avec un cercle restreint de fidèles. Pourtant, un vent de changement souffle depuis le début de l'année.
Tout d'abord, les bouleversements internationaux, notamment l’éruption des tensions avec Donald Trump, ont redonné un élan à l’implication de Macron. Son discours au forum de Davos a été perçu comme une déclaration forte contre les politiques de l’ancien président américain, relançant l'enthousiasme chez ceux qui l’entourent, malgré une popularité en berne.
Ainsi, Macron s’efforce de nouer des liens diplomatiques plus étroits, en particulier avec la récente proposition d’une coalition maritime pour sécuriser le détroit d'Ormuz, alors même que la France cherche une voie indépendante dans le contexte d'un conflit israélo-américain avec l'Iran. Les célébrations du 14 juillet pourraient bien afficher une "coloration européenne", comme l'indique son entourage, avec l’éventualité d’inviter des chefs d'État soutenant l'Ukraine, un reflet de son engagement pour une Europe forte.
Au niveau national, après une phase d’incertitude, Macron semble se réancrer en se concentrant sur quelques dossiers jugés essentiels. Son entourage évoque une narration centrée sur l'indépendance de la France, marquée par des crises récemment rencontrées, du Covid à la guerre en Ukraine.
La stratégie nationale pour le quantique, dévoilée le 22 mai, ainsi que le plan d'électrification du 26 mai, seront des annonces clés à venir. En parallèle, la défense d'une augmentation des budgets militaires et l'interdiction prochaine des réseaux sociaux pour les jeunes sont à l'agenda.
Macron met aussi en avant le potentiel de l'intelligence artificielle pour transformer l'industrie, réfléchissant à l’avenir économique de la France, loin des dépendances envers des géants technologiques.
Quant à l’élection présidentielle de 2027, son équipe reste en veille face à des concurrents potentiels, mais semble optimiste sur l’impact des questions internationales sur le débat, laissant entrevoir une campagne bien structurée.
L’avenir reste incertain pour Macron après le 15 mai prochain. Lorsque le président a mentionné récemment l’idée de ne pas faire "de politique" une fois son mandat terminé, ses partisans ont rapidement tempéré cette assertion, n’écartant pas la possibilité d’un retour au pouvoir en 2032.







