"Un an, c'est à la fois très court et très long". Ce dimanche 10 mai, au Centre des Congrès de Reims, Édouard Philippe a présenté les axes de sa campagne présidentielle, sans entrer dans les détails de son programme. En revanche, il n'a pas manqué de lancer des piques à ses opposants politiques.
Philippe a rappelé son parcours et son expérience : "Je sais d'où je viens et je ne vais pas m'excuser d'avoir été le Premier ministre d'Emmanuel Macron". Une déclaration qui souligne son intention de capitaliser sur son expérience passée.
"Je suis ravi d'avoir été le Premier ministre d'un quinquennat où le mot réformer avait un sens. J'ai réduit le chômage, les impôts et le déficit, même si je n'ai pas réussi à tout faire".
Un programme progressivement dévoilé "après l'été"
Philippe a précisé qu'il consultera les partenaires sociaux dès septembre et que les détails de son programme seront révélés progressivement "après l'été". Il est conscient que les Français ne se concentrent pas encore sur la présidentielle.
Pourtant, plusieurs grandes lignes ont été esquissées : un soutien accru à la "politique de l'offre", un engagement fort pour assurer le rétablissement de l'ordre, des réformes radicales dans le domaine de la justice et des améliorations pour l'éducation et le système de santé. En revanche, il a éludé la question des retraites.
"Nous ne devons pas promettre de résoudre tous les problèmes", a-t-il déclaré, mais a insisté sur l'importance d'attaquer frontalement les grands blocages qui paralysent le pays depuis des décennies.
Stratégie politique et critique des adversaires
Concernant sa stratégie, Philippe a évoqué la nécessité de "créer un nouvel espace politique" afin de recueillir une majorité à l'Assemblée nationale après la présidentielle. Il est convaincu que l'absence de majorité actuelle mène à l'immobilisme. Il a aussi critiqué les idées de La France Insoumise (LFI) et dénoncé les "deux RN" au sein du Rassemblement national.
"Il n'y a pas un Rassemblement national, mais au moins deux" a-t-il affirmé, en faisant référence à la divergence entre le RN libéral qui flirte avec le monde des affaires et le RN traditionnel, pro-dépenses publiques, qui promet beaucoup sans proposer de financements.
Dans cette perspective, il souhaite construire une campagne solide et articulée, en dialoguant avec les Français sur les solutions à envisager pour les défis à venir.







