Les ministres des Finances du G7 se retrouvent à Paris pour deux jours de discussions cruciales sur les impacts économiques du conflit au Moyen-Orient. Leur objectif : se libérer progressivement de la dépendance vis-à-vis des minerais critiques chinois.
"Nous allons démontrer que le multilatéralisme est essentiel et efficace", déclarait lundi Roland Lescure, le ministre français de l'Économie et des Finances, lors d'une conférence de presse.
À l'approche du sommet du G7 prévu à Évian mi-juin, la France souhaite poursuivre le dialogue dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, que même les alliés historiques, comme les États-Unis, ressentent sous l'influence de la politique imprévisible de l'ancien président Donald Trump.
Ce dernier a récemment renouvelé ses menaces à l'égard de l'Iran, signalant la possibilité d'une intensification des frappes militaires, mettant ainsi en péril la fragile trêve observée depuis le 8 avril.
"Nous faisons face à des défis majeurs : la guerre au Proche-Orient, les déséquilibres multilatéraux et les enjeux liés aux matériaux critiques", a précisé Lescure.
Absorbée par le développement tumultueux de l'économie mondiale, il a souligné que la trajectoire actuelle de la croissance devenait de plus en plus insoutenable.
- "C'est mon job !" -
Dans un récent communiqué, Lars Klingbeil, son homologue allemand, a affirmé que "le G7 constitue la plateforme appropriée pour aborder ces préoccupations urgentes avec les États-Unis et les autres nations membres".
Parmi les priorités abordées, l'impact économique de la guerre ainsi que le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel pour le transit d'hydrocarbures, sont au centre des débats. Les cours des matières premières ont déjà subi de fortes hausses.
Conséquemment, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une expansion mondiale plus lente et une inflation accrue d'ici 2026.
Fatih Birol, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a alerté sur le fait que si les stocks commerciaux de pétrole diminuent rapidement, il reste encore des réserves pour quelques semaines.
Bien qu'une nouvelle libération de stocks stratégiques ne soit pas envisagée pour le moment, Roland Lescure a indiqué qu'un échange à ce sujet pourrait être opportun dans un avenir proche.
La montée des craintes inflationnistes a conduit à une liquidation massive des titres de la dette d'État, provoquant une hausse des taux d'intérêt des obligations souveraines.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a exprimé ses préoccupations à son arrivée : "C'est toujours une inquiétude, mais c'est également mon rôle !"
"Nous avons la capacité d'apaiser les marchés et de favoriser une dynamique positive", a ajouté Joachim Nagel, président de la Bundesbank, en faisant référence aux discussions en cours.
Devant l'inflation persistante, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a mis en garde contre la prise de mesures qui risqueraient d'exacerber la situation économique.
- "Pression" sur la Russie -
Pour freiner l'augmentation des prix du pétrole, les États-Unis ont suspendu jusqu'au 16 mai certaines sanctions vis-à-vis du pétrole russe, en lien avec la guerre en Ukraine.
"Il est crucial de maintenir la pression sur la Russie, au lieu de relâcher les sanctions", a déclaré Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Économie, en écho aux propos de Sergii Marchenko, ministre ukrainien des Finances, présent à Paris.
Les discussions porteront également sur les désaccords relatifs au commerce international, aggravés par les surtaxes douanières imposées par les États-Unis et les surcapacités de production chinoises, tout en cherchant à sécuriser les approvisionnements en matières premières critiques.
Les pays producteurs, et la Chine en tête, ont soumis ces dernières années certaines exportations à des restrictions, exploitant leur position dominante pour influencer les tarifs.
Dans un environnement de tensions commerciales, géopolitiques et économiques, parvenir à une reconnaissance commune des enjeux serait déjà une avancée significative pour la présidence française.
Côté américain, Scott Bessent a souligné l'importance de la réunion prévue pour lutter contre le financement du terrorisme, en mettant l'Iran en exergue. "Nous exhortons tous nos partenaires du G7 et le reste du monde à adhérer aux systèmes de sanctions visant à contrer le financement illicite soutenant la machine de guerre iranienne, tout en redonnant les fonds au peuple iranien", a-t-il déclaré.
Cette réunion du G7, qui inclut également les gouverneurs des banques centrales des nations membres, se tient peu de temps après la visite décevante de Donald Trump à Pékin, sans résultats significatifs.







