À proximité de Toulon, dans le Var, Naval Group envisage de réimplanter 550 personnes sur un site désormais désaffecté, visant à rassembler des équipes actuellement éparpillées à Saint-Tropez, Toulon et Ollioules. Cependant, cette initiative suscite des réticences, notamment parmi les groupes environnementaux.
Le projet, revêtu d'une grande ambition, prévoit la transformation de l'ancien complexe des Bormettes en un centre d'excellence pour les drones, les systèmes autonomes et les armements sous-marins d'ici 2028. Ce site, initialement une usine fondée en 1907, avait été fermé pour des raisons de rentabilité. Aujourd'hui, Naval Group aspire à réinsuffler une nouvelle vie à cet espace, prévoyant la création d'un bâtiment moderne de 17 000 m² destiné à environ 550 collaborateurs.
L’objectif avoué est de regrouper les équipes dispersées afin d’accélérer le développement de nouveaux systèmes sous-marins. Le nouveau site devrait inclure des bureaux, des ateliers, des espaces clients ainsi que des installations de test maritimes pour les drones sous-marins.
Face aux tensions géopolitiques croissantes et au rôle stratégique des systèmes autonomes dans la défense nationale, la France se concentre sur la préservation de sa souveraineté technologique. Les drones, moins coûteux et plus difficiles à détecter que les sous-marins classiques, sont appelés à jouer un rôle clé dans des missions variées, allant de la surveillance à la protection d'infrastructures critiques. Le site des Bormettes s’inscrit dans cette logique, avec l’ambition d’être un pionnier dans la recherche et la fabrication de ces technologies.
Des associations s’opposent
Le groupe souhaite construire « une vitrine répondant aux meilleures exigences environnementales et de sécurité ». Il a l’intention d’adopter des critères de haute qualité environnementale (HQE) pour le nouvel édifice, notamment avec une approche bioclimatique et le recours à des énergies renouvelables. Le projet s’intègre également dans une dynamique de développement local, incluant la gestion hydrique et la création d’espaces verts.
Cependant, deux associations, France Nature Environnement Var et Les Amis des Bormettes, ont déposé plainte auprès du tribunal administratif afin de contester l'autorisation obtenue pour débuter les travaux. Elles pointent les risques significatifs pour la biodiversité régionale, mettant en avant l’urgence de protéger la faune et la flore locales. « La biodiversité du littoral varois est menacée par ce projet industriel, qui met en péril l’avenir d’espèces protégées et d’écosystèmes fragiles », déclare l'association Les Amis des Bormettes, soulignant l'impact potentiel des activités de construction sur l'environnement local.
Pour l’heure, la justice a pour l’instant jugé en faveur de Naval Group, avec un verdict final attendu dans quelques mois alors que le tribunal examinera plus en détail le fond du dossier.







