Le géant du café, via sa filiale sud-coréenne Shinsegae, a expliqué que la désastreuse campagne publicitaire avait été conçue avec l'assistance d'une intelligence artificielle. Cette annonce intervient dans un contexte où les consommateurs lancent des appels au boycott, provoquant une chute significative des ventes.
Le débat est alimenté par le fait que l'appellation "Tank Day" coïncidait avec le 46e anniversaire du soulèvement de Gwangju, pendant lequel des centaines de civils avaient perdu la vie suite à une répression brutale de l'armée. Comme l'a rapporté le journal Le Monde, cette promotion a particulièrement heurté la sensibilité collective, ravivant des souvenirs douloureux.
Jeon Sang-jin, un dirigeant de Shinsegae, a confirmé lors d'une conférence de presse que certains employés avaient demandé des suggestions à l'IA, sans se rendre compte de la portée historique du jour choisi. Il a déclaré : "La date-anniversaire ne leur avait jamais effleuré l'esprit."
Colère et boycott : une réaction générale
L'enquête interne a mis en lumière le fait que certains des responsables ayant validé la campagne l'avaient fait sans un examen approfondi, négligeant ainsi les étapes de validation juridique. Cette négligence a été dénoncée par des acteurs politiques et sociaux, y compris le président sud-coréen, Lee Jae Myung, qui a rejoint les appels au boycott des produits Starbucks.
Des syndicats et des personnalités influentes ont également pris position, appelant à boycotter l'entreprise. Un syndicat de livreurs a même décidé de ne plus effectuer de livraisons liées à la marque. Des images de clients brisant leurs tasses Starbucks ont circulé sur les réseaux sociaux, témoignant de la désapprobation massive dans le pays.
En conséquence, Shinsegae a signalé un "fort repli des ventes" la semaine suivante. Les manifestations de Gwangju demeurent un chapitre crucial de l'histoire de la démocratie sud-coréenne, et il est clair que cet incident ravive des douleurs persistantes au sein de la population.
Suite à la démission pressante de Son Jung-hyun, le directeur de Starbucks Corée, Chung Yong-jin, président du groupe Shinsegae, a présenté des excuses publiques, affirmant : "Je prends très au sérieux le fait que de nombreuses personnes aient ressenti une profonde douleur et de la colère. J'assume l'entière responsabilité de cette affaire."







