Alors que Donald Trump a récemment annoncé sa volonté de revitaliser l'industrie charbonnière aux États-Unis, investissant 700 millions de dollars dans ce secteur, la France adopte une direction radicalement opposée en poursuivant son plan d'abandon du charbon pour la production d'électricité. En effet, le charbon ne représente désormais plus que 0,13 % du mix énergétique français. Les deux centrales restantes, celles de Saint-Avold et Cordemais, sont prévues pour fermer d'ici 2027.
Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis de fermer toutes les centrales à charbon françaises d'ici 2022. Bien que la crise énergétique causée par la guerre en Ukraine ait temporairement modifié ce calendrier, la France continue à progresser vers une sortie définitive du charbon. D'après des sources de RTE, ces deux dernières centrales à charbon n'ont contribué qu'à hauteur de 725 GWh à la production électrique française en 2024, une part dérisoire comparée aux 5 % qu'elle représentait en 2000.
Des défis et des avancées
La fermeture des centrales se fera progressivement. Après la désactivation de la centrale du Havre et de celle de GazelEnergie à Gardanne en 2021, seules les installations de Saint-Avold et de Cordemais subsistent. Ces deux sites, ayant obtenu une dérogation en raison de la crise énergétique, doivent désormais réduire leurs émissions de CO2 de 40 à 50 % par rapport à leur fonctionnement au charbon. EDF s'est engagé à présenter un nouveau plan de production pour Cordemais d'ici 2026.
Pour Saint-Avold, GazelEnergie développe un projet ambitieux visant à transformer le site en « hub énergétique ». Frédéric Faroche, président du groupe, a déclaré : "Nous explorons la possibilité d’employer du biogaz pour alimenter un data center sur le site, ce qui permettrait de transformer un espace traditionnel à forte pollution en un pôle innovant pour la transition énergétique." Cette initiative fait partie d'un mouvement plus large, où plusieurs centrales ont déjà été reconverties pour utiliser des sources d'énergie renouvelable, en particulier dans les territoires d’Outre-mer.
Vers un avenir sans charbon
Malgré la fermeture des centrales à charbon pour la production d'électricité, son utilisation dans l'industrie demeure un enjeu. Les combustibles fossiles sont encore essentiels dans certains secteurs, notamment la métallurgie, où le charbon est utilisé comme matière première. Pour faire face à cela, des solutions innovantes sont explorées. Par exemple, dans le domaine de la sidérurgie, des alternatives avec de l’hydrogène bas carbone et des fours électriques sont en cours d'évaluation.
En parallèle, la France s'engage dans une transition énergétique en visant à produire son électricité avec des sources comme le nucléaire, l'hydraulique, l'éolien et le solaire, tout en confirmant sa position sur la scène mondiale pour le climat. Cette stratégie est une réponse directe à la relance annoncée par Trump, soulignant ainsi que chaque pays peut choisir son propre chemin vers un avenir énergétique durable.







