Les États européens réfractaires à l'euro : un débat qui s'intensifie

Plongée dans les réticences de six pays de l'UE face à l'euro.
Les États européens réfractaires à l'euro : un débat qui s'intensifie

Après l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, il ne reste plus que six pays de l'UE qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique : Danemark, Suède, Roumanie, Pologne, Hongrie et République tchèque. La Banque centrale européenne (BCE) souligne sur son site que tous les pays de l’Union sont censés rejoindre l’union monétaire. Malgré cela, certains résistent, invoquant des raisons économiques et politiques.

Le Danemark, par exemple, a bénéficié d'un opt-out historique depuis 1992. En conséquence, le pays a conservé sa couronne et évite de se conformer aux exigences d'entrée dans la zone euro. En revanche, la République tchèque et la Roumanie n'ont pas montré un intérêt urgent à remplir les critères de convergence, comme l’analyse le site Le Monde.

Les critères de convergence, souvent appelés critères de Maastricht, incluent la nécessité d'une inflation stable, d'une dette publique inférieure à 60 % du PIB, et la présence dans le mécanisme de taux de change européen. En 2024, la République tchèque révèle une inflation de 6,3 % quand elle devait se limiter à 4,1 %, tandis que la Roumanie peine avec un déficit public dépassant les 6 %.

La Suède, bien que avec une économie solide, préfère conserver son indépendance monétaire, une position qui reflète la méfiance envers l’euro. Comme l’a souligné l’économiste suédois Lars Calmfors, « l’intégration dans la zone euro pourrait restreindre notre liberté de manœuvre économique ». De même, la Pologne et la Hongrie affichent une certaine réticence, montrant à la fois des résultats économiques prometteurs mais aussi des déficits budgétaires alarmants. La Pologne, avec une croissance de 3,4 % en 2024 et un déficit de 6,5 %, illustre ce paradoxe. Les investissements européens n'ont pas suffi à dissiper les craintes d'une transition vers l'euro.

D'autres pays, comme le Kosovo et le Monténégro, adoptent l'euro sans être dans l'UE, cherchant à stabiliser leur économie. C'est un contraste frappant avec les pays réticents qui pourrait suggérer une opportunité à saisir.

Alors que plusieurs pays européens semblent éloignés de l'adoption de l'euro, le débat sur l'avenir monétaire de l'UE est loin d'être clos. La question demeure : jusqu'où iront-ils pour préserver leurs monnaies nationales face à une économie européenne de plus en plus intégrée?

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