Bravant les intempéries et les interdictions préfectorales, une centaine de tracteurs de la Coordination rurale se dirigent vers Paris, témoignant de l'exaspération croissante des agriculteurs face à une crise qui perdure.
Les enjeux sont nombreux : l'épidémie de dermatose bovine, la flambée des prix des engrais, et la menace d'une concurrence accrue provenant du Mercosur pèsent lourdement sur le secteur. "Nous n'arrêterons pas tant que nos préoccupations ne seront pas prises en compte", a déclaré Lionel Candelon, président de la Chambre d'agriculture du Gers, à l'AFP.
D'ores et déjà, des grappes de tracteurs sont signalées à proximité de la capitale, préparant une manifestation prévue pour jeudi matin. Au sein des départements voisins, comme la Seine-et-Marne et l'Essonne, plusieurs dizaines de véhicules ont été recensés, augmentant la pression sur les autorités, qui ont mis en place une cellule de crise pour gérer la situation.
Dans un geste spectaculaire de défi, quatre tracteurs ont défié un barrage de gendarmerie dans les Yvelines, une action qui a entraîné l'arrestation de plusieurs personnes. Malgré les tensions, les agriculteurs restent déterminés à porter leurs revendications au cœur du pouvoir. Bertrand Venteau, le président de la CR, a exprimé son étonnement face à la réponse policière, arguant que le mouvement reste pacifique. "Nous irons à Paris par tous les moyens, même par la Seine, si nécessaire", a-t-il ajouté.
Dans le Sud-Ouest, la contestation ne faiblit pas, avec des barrages routiers érigés autour de Toulouse, malgré le froid glacial et les mesures de restriction. "C'est une guerre d'usure", a déclaré Pierre Solana, éleveur dans le Gers. La situation est aggravée par le projet d'accord UE-Mercosur, que les agriculteurs jugent désastreux pour l'agriculture européenne. Même Anni Genevard, ministre de l'Agriculture, a évoqué la possibilité de suspendre la taxe carbone sur les engrais en réponse aux pressions croissantes, bien que la Commission européenne n'ait pas encore confirmé cette annonce.
Alors que le gouvernement tente d'apaiser les inquiétudes, la mobilisation des agriculteurs semble plus forte que jamais, soutenue par d'autres acteurs du secteur, qui appellent à une prise de conscience collective des défis auxquels le monde agricole fait face. Le dimanche 12 janvier pourrait marquer un tournant décisif si l'accord avec le Mercosur se concrétise, mais pour l'heure, les agriculteurs continuent de faire entendre leur voix.







