Malgré les intempéries et les interdictions préfectorales, la Coordination rurale (CR) est en route vers Paris pour faire entendre la colère du monde agricole. Eloi Nespoulous, président de la CR d'Occitanie, a affirmé à l'AFP : "On viendra coûte que coûte crier nos revendications".
À la tête d'un cortège de 40 tracteurs, Nespoulous insiste sur le besoin urgent de faire pression sur le gouvernement. Bertrand Venteau, président du syndicat, a souligné l'importance de cette mobilisation, même si cela pourrait conduire certains participants à se retrouver en garde à vue.
Des forces de l'ordre ont noté qu'au moins une centaine de tracteurs étaient déjà aux portes de Paris. Toutefois, malgré l'imminence d'une confrontation, des heurts isolés n'ont pas empêché le mouvement de progresser. L’objectif est clair : manifester contre des sujets cruciaux, comme l'accord de libre-échange avec le Mercosur et la gestion de l'épizootie de dermatose nodulaire bovine, qui a soulevé une forte révolte dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.
À Gironde, des manifestants ont occupé un dépôt pétrolier, élevant la tension sur le terrain. "Nous demandons des simplifications administratives et la révision des normes européennes qui favorisent la concurrence déloyale", a déclaré un porte-parole de la CR.
Les manifestations à Paris s'inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement agricole, où la FNSEA et Jeunes agriculteurs appellent également à des actions locales, mais sans mouvements significatifs pour l'instant. Les récentes promesses du gouvernement de mesures "concrètes" pour améliorer la situation des agriculteurs n'ont pas suffi à apaiser les inquiétudes du secteur.
Les inquiétudes, notamment concernant l'accord commercial UE-Mercosur, continuent de susciter des craintes parmi les agriculteurs, qui craignent une intensification de la concurrence avec ces accords. La Commission européenne a tenté de calmer les esprits en introduisant des clauses de sauvegarde et des assouplissements budgétaires, mais beaucoup demeurent sceptiques.
Edouard Legras, vice-président de la CR, a déclaré : "Ces mesures ne sont pas des avancées substantielles; elles ne font que retarder le problème". Alors que la tension monte, le regard reste tourné vers Paris, où les tracteurs poursuivent leur route, déterminés à défendre le secteur agricole français.







