Les agriculteurs français poursuivent leurs mobilisations dans diverses régions, mercredi, en dépit des nouvelles concessions proposées par le gouvernement. Les tracteurs des organisations agricoles, notamment de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, ont quitté la capitale tôt le matin après une journée de manifestations devant l'Assemblée nationale.
Malgré les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu, décrivant des mesures de soutien pour le secteur, des actions de blocage persistent. Dans le Gers, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale (CR) entravent la circulation à Toulouse-Blagnac, tandis qu'un autre groupe s'est mobilisé sur l'A64, utilisant des pneus et de la paille pour marquer leur indignation. Dans le Var, une vingtaine de tracteurs ont également mis en place un barrage filtrant sur l'A50, entraînant des embouteillages notables.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a déclaré que la « fièvre » reste persistante. Malgré l'annonce de mesures attendues, beaucoup d'agriculteurs estiment que la situation économique de leurs exploitations reste précaire. « La situation économique ne leur permet pas d'envisager l'avenir », a-t-il affirmé sur RTL.
Dans le Nord, un barrage filtrant sur l'autoroute A1 a été maintenu jusqu'à mercredi soir, permettant aux agriculteurs de revenir à leurs activités. Parallèlement, à Vatry (Marne), la CR a bloqué un dépôt pétrolier avec une mobilisation de 50 tracteurs et 150 personnes, affirmant que les récentes annonces étaient trop floues pour répondre à leurs besoins urgents.
Les retours des discussions avec le gouvernement, bien que prometteurs, n'ont pas suffi à apaiser la colère. Une délégation a été reçue par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, qui a donné des précisions sur des dispositifs de prêts. Cependant, ce soutien semble insuffisant face à l'étendue des préoccupations des agriculteurs, qui réclament des mesures concrètes pour faire face à la crise.
Les annonces de Sébastien Lecornu incluent une « loi d'urgence agricole » à examiner avant l'été, traitant des priorités essentielles comme la gestion de l'eau et les attaques de prédateurs, mais sa portée reste encore à définir. Les experts, comme ceux de l’Institut de l'agriculture durable, soulignent que sans actions rapides et effectives, la situation peut devenir critique pour de nombreux exploitants.
Ces mobilisations, qui se multiplient depuis décembre, illustrent la profondeur du mécontentement face à ce qui est perçu comme un traitement inégal des différents syndicats agricoles. La Coordination rurale a exprimé son mécontentement sur les réseaux sociaux à propos de ce qu'elle appelle une « différence de traitement » du gouvernement, notamment en raison des restrictions qui pèsent sur leurs mobilisations.
En somme, bien que le gouvernement ait annoncé des mesures en réponse à la colère des agriculteurs, le sentiment d'une situation insoutenable demeure, et les mobilisations semblent loin de s'arrêter. Les préoccupations des agriculteurs, bien que reconnues officieusement, nécessitent des actions concrètes et immédiates, afin d'assurer leur avenir et celui de l'agriculture française.







