Cette semaine, Bernard de Montrouveau nous présente une paire de tableaux hérités de ses parents, acquis dans les années 1930 durant une exposition à Boulogne. Notre commissaire-priseur, Aymeric Rouillac, nous éclaire sur l'histoire et la valeur de ces œuvres captivantes.
Actuellement, la mer suscite de vives préoccupations, tant sur le plan économique, à travers le partage de ses ressources, que sur les questions écologiques et climatiques, notamment avec les tempêtes qui s’abattent sur nos côtes. Les pêcheurs font face à des choix difficiles, entre rester à quai ou braver les éléments pour rapporter leurs prises.
Les pièces de Bernard figurent également cette lutte entre l’homme et la nature. Ces œuvres sur papier, mesurant 60 cm sur 40, illustrent deux scènes : d’abord, le départ des marins qui poussent leur navire à l’eau, tandis qu’une femme les salue avec un mouchoir. En second, le retour, où une famille éclaire le chemin du bateau vers le port avec une lanterne. Les tableaux portent la signature « A. Jensen » en bas à droite.
La mer, entre danger et inspiration
Cette vaste étendue d'eau, symbole d'inconnu et d'énergie brute, nourrit l'imaginaire des artistes depuis des siècles. Dans l'Antiquité, elle était vue comme une source de vie mais aussi un foyer de dangers. Contrairement à la vision apaisée de la mer qui prédomine au siècle précédent, les artistes du 19ème siècle la dépeignent sous son aspect tumultueux, à travers des œuvres emblématiques comme Le Radeau de la Méduse de Géricault ou Le Naufrage de Turner.
Ce sujet maritimes est prisé par les romantiques, permettant l’expression des émotions intenses. Le peintre arménien Ivan Aïvazovski, par exemple, a su capturer cette fureur des vagues. Avec cette perspective, on retrouve également une forte résonance dans l'art scandinave avec des artistes comme Christian Krohg ou Alfred Jensen, représentant les marins affrontant les forces de la nature.
Une estimation de 10 à 20 euros par tableau
Concernant les œuvres de Bernard, celles-ci sont attribuées à Alfred Jensen, un peintre danois du 19ème siècle connu pour ses marines. Cependant, il semble qu'il s'agisse de reproductions, données par une signature imprimée. Ces chromolithographies, sur papier, manquent de relief et montrent des imperfections caractéristiques, telles que des déchirures. Ainsi, il convient de noter qu'elles n'ont qu'une valeur décorative, évaluée entre 10 et 20 euros. Une somme modique pour inviter les embruns dans votre intérieur.
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