Dans la nuit du 28 mars, à Toulouse, Lola, une jeune adolescente, est secourue par une voisine après une altercation violente avec celui qu'elle pensait être son petit ami, mais qui s'est révélé être son proxénète. Un incident qui met en lumière un phénomène alarmant : l'exploitation sexuelle des mineurs. En 2025, les autorités ont recensé 704 mineurs, soit une augmentation de 43 % en quatre ans, selon l'Observatoire national des violences faites aux femmes, rattaché à la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences (Miprof).
Alors que les cris et les coups résonnaient près du Grand Rond, Lola a vu son quotidien basculer. Sa voisine de 19 ans, témoin de la scène, a décidé d'intervenir. "J'avais des amis à la maison, on s'est occupés d'elle et on a appelé la police. Ils nous ont informés qu'il s'agissait d'une affaire de prostitution, et non seulement de violences," raconte-t-elle. Pendant ce temps, le proxénète prenait la fuite.
Les proxénètes, de plus en plus jeunes, ciblent des adolescentes vulnérables
Le cas de Lola n'est pas une exception. Selon le Dr Aziz Essadek, expert interrogé par La Dépêche, environ 15 000 mineurs placés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) seraient victimes de prostitution. Les proxénètes, de plus en plus jeunes, exploitent ces adolescentes déjà en crise. Ils emploient les mêmes méthodes, promettant une vie luxueuse avant d'en faire des proies grâce à l'emprise de la drogue.
A Toulouse, plusieurs affaires récentes révèlent une montée inquiétante du proxénétisme touchant des adolescentes vulnérables, souvent assistées par l'ASE. La souffrance de Lola rappelle celle de Julie et Myriam, deux jeunes filles jugées en mai 2025.
Comme le rapporte France 3 Occitanie, ces deux fugueuses de 15 ans avaient été attirées dans un réseau de proxénétisme. De plus, une affaire relayée par Le Monde en octobre 2025 a vu 13 individus condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir géré un large réseau exploitant des adolescentes placées en famille d'accueil ou sous protection de l'ASE. L'ampleur de ce phénomène soulève des questions sur la sécurité et le bien-être des mineurs dans la société française.







