La France se souvient avec émotion du moment poignant où le compagnon d'Agnès Lassalle a dansé seul devant son cercueil sur le parvis de l'église Sainte-Eugénie de Biarritz. En février 2023, Agnès, une professeure d'espagnol âgée de 53 ans, a été mortellement blessée par un de ses élèves âgé de 16 ans. Aujourd'hui, ce jeune homme, qui a maintenant atteint l'âge adulte, comparaît devant la cour d'assises des mineurs de Pau pour répondre d'un charge d'"assassinat".
Le 22 février 2023, le drame s'est produit au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin de Saint-Jean-de-Luz. À dix heures, alors qu'il était en cours, le lycéen a sorti un couteau de son sac et a poignardé son enseignante, la laissant en arrêt cardio-respiratoire. Elle a succombé peu après l'attaque.
Alors que ses camarades s'enfuyaient, l'accusé s'est retranché avec l'arme dans une salle voisine, avant d'être rapidement appréhendé par les forces de l'ordre.
Des détails sur le profil du suspect ont vite émergé : il avait obtenu son brevet avec mention "très bien" et était jusqu'alors inconnu des services de police. lors d'une conférence de presse, le procureur de la République a révélé que le jeune homme évoquait "une petite voix" lui incitant à agir, décrivant cet être comme "égocentrique et manipulateur" qui l'aurait poussé à envisager l'assassinat la veille des faits.
Le discernement de l'accusé sera au cœur des débats
Le jeune homme était suivi psychologiquement et avait reçu des antidépresseurs après une précédente tentative de suicide. Les experts indiquent qu'il présente des traits d'anxiété qui pourraient altérer son discernement. Cependant, aucun trouble mental grave n'a été signalé.
Pour l'heure, le suspect est détenu provisoirement. Son avocat, Me Thierry Sagardoytho, a précisé que "le discernement de l'accusé sera central dans cette affaire", ajoutant que les diverses expertises psychiatriques apportent des conclusions très contraires. "La question est de savoir si la prise en charge antérieure aurait pu éviter ce drame", a-t-il commenté. Le procès, qui commence aujourd'hui et s'étendra jusqu'au jeudi 23 avril, se tiendra à huis clos.
"Je suis très serein"
Stéphane Voirin, le compagnon d'Agnès et qui avait captivé le pays entier par son hommage émouvant, sera également présent au procès. Dans une déclaration à BFMTV, il partage son impatience : "C'est plutôt éprouvant, mais je me sens serein et confiant face aux événements à venir. Je veux y aller pour entendre la reconnaissance de ma souffrance, mais aussi pour faire entendre mon point de vue." Il souhaite également rendre hommage à la mémoire d'Agnès en rappelant la belle personne qu'elle était.







