Le 2 novembre 2014, Corentin, un garçon de 11 ans, est décédé au CHU de Nancy, deux jours après une opération d'appendicite. Ce drame, causé par un choc hémorragique suite à une perforation de l’aorte, a plongé sa famille dans une douleur indescriptible. Douze ans plus tard, ses parents poursuivent leur combat pour obtenir justice. Deux chirurgiens devront comparaître ce mardi 28 avril devant le tribunal correctionnel de Reims pour homicide involontaire, comme l'indique Ouest France.
Le parcours judiciaire de ce couple a été long et éprouvant. Lors de l’opération réalisée à la clinique Claude-Bernard de Metz, un diagnostic tardif d'une perforation a conduit à des complications fatales. Les parents de Corentin, Pierre Jeras et Fatiha Chami, espèrent que ce procès permettra de faire la lumière sur les responsabilités cachées derrière ce tragique événement. "Nous ne sommes pas là pour récupérer quelques miettes d’une assurance. Nous voulons établir clairement la responsabilité de chacun, pour honorer la mémoire de notre fils", souligne Pierre dans une interview accordée à Ouest France.
Un procès comme symbole d'espoir
Pour la famille, ce procès est bien plus qu'une simple affaire de justice. C'est la confirmation de l'absence de norme et de l'inadéquation des soins dont leur fils a été victime. Pierre Jeras, qui est lui-même médecin, fait part de ses déceptions face à la gestion médicale : "À l’époque, la clinique ne se dotait pas de matériel adapté pour les jeunes patients. Des infirmières ont même confirmé que des plateaux pédiatriques n'étaient pas disponibles, ce qui est inacceptable." Ils estiment que non seulement les chirurgiens, mais également la clinique et le conseil de l'ordre des médecins auraient dû être jugés.
Les parents pensent que ce drame aurait pu être évité. "Le premier chirurgien a perdu un temps précieux à dissimuler ses erreurs par peur pour sa carrière, alors que le second n'a pas appelé à l'aide lorsqu'il en avait besoin. Mon fils a été tué par la cupidité et l’orgueil. En médecine, l'humilité est cruciale. On doit toujours demander de l'aide quand on ne sait pas", déclare Pierre avec une émotion palpable.
La situation actuelle devient d'autant plus préoccupante pour la famille. Le chirurgien principal, ayant reçu une suspension de quatre ans, exerce maintenant au Maroc. "J’éprouve de l’inquiétude pour les patients là-bas. Comme Corentin, il pourrait en avoir tous les jours", alerte Pierre, conscient des enjeux globaux de la santé.







