Diane Regny
L'essentiel
- Grâce à la campagne « Identify Me » d’Interpol, Hakima Boukerouis, retrouvée morte dans un bidon en 2005, a été identifiée et un suspect a été arrêté.
- Ce programme, qui fait appel au public et utilise des bases ADN européennes, montre que l'identification d'une victime est essentielle pour résoudre l'affaire.
- Cependant, sur 47 dossiers, 42 femmes demeurent anonymes, rendant la résolution de ces affaires encore plus complexe avec le temps.
Un soutien-gorge rouge, un débardeur, des objets personnels... Depuis la découverte du corps mutilé en Moselle en 2005, les efforts pour identifier la « femme à la couronne dentaire Richmond » ont longtemps été vains. Cependant, Interpol a récemment confirmé l'identité d'Hakima Boukerouis, ainsi que l'arrestation d'un suspect lié au meurtre.
Cette incarcération marque une avancée majeure dans le cadre de la campagne « Identify Me », lancée en 2023, qui vise à retrouver le nom de 47 femmes assassinées en Europe. Hakima est la cinquième victime à être identifiée dans ce projet ambitieux.
L'importance des détails dans l'enquête
La méthode de « Identify Me » repose sur une idée simple : une personne peut détenir la clé d'un mystère. Pour cela, le dispositif tente de toucher le plus grand nombre de personnes. Jacques Dallest, magistrat français et auteur de Cold case, un magistrat enquête, souligne que des détails comme des tatouages ou des bijoux peuvent souvent faciliter l'identification d'une victime.
Cette campagne a suscité un intérêt considérable, générant plus de 5.000 messages d'information sur les cas en question, selon François-Xavier Laurent, docteur en génétique chez Interpol.
Les défis des enquêtes internationales
Parfois, ce sont les familles qui prennent l'initiative de contacter les enquêtes. « Ils nous disent que la reconstruction faciale ressemble à leur fille disparue », raconte un spécialiste d'Interpol. Dans le cas d'Hakima, c'est un test ADN avec un parent qui a facilité son identification.
Les pistes peuvent être compliquées à suivre, surtout lorsque des victimes viennent de divers pays et évoluent dans des milieux instables.
Travailler autour de la victime
Mettre un nom sur une victime est important pour comprendre le mobile et trouver d'éventuels suspects. Selon le Républicain Lorrain, le mari de Hakima est le principal suspect, ayant été interpellé pour l'avoir potentiellement impliquée dans sa mort il y a plus de vingt ans.
Une lutte constante contre l'oubli
L'identification de la « femme à la couronne dentaire Richmond » est une avancée, mais 42 affaires demeurent sans solution. Jacques Dallest prévient que plus le temps passe, plus ces dossiers deviennent complexes à résoudre. L'engagement pour retrouver ces personnes disparues se poursuit, faisant appel à la conscience collective pour ne pas tomber dans l'oubli.







