Reims : des chirurgiens sous le feu des projecteurs après la tragédie d'un enfant

Un procès poignant soulève des questions sur la responsabilité médicale en France.
Reims : des chirurgiens sous le feu des projecteurs après la tragédie d'un enfant

Le procès d'une affaire tragique s'ouvre à Reims, où deux chirurgiens sont jugés pour homicide involontaire concernant la mort de Corentin Jeras, un jeune garçon de 11 ans, lors d'une opération d'appendicite survenue en 2014. À l'origine de la procédure, le parquet de Reims avait requis, en 2020, le renvoi des praticiens en correctionnel en raison de leur implication dans ce drame.

Lors de l’audience, le procureur a évoqué « des fautes et négligences » significatives, dénonçant également un « entêtement irrationnel » des deux médecins, âgés aujourd'hui de 72 ans. Il a demandé des peines de 30 mois de prison avec sursis pour l'un, accompagné d'une amende de 10 000 euros et d'une interdiction définitive d’exercer la médecine, tandis que l'autre a été requis une peine de 24 mois avec sursis et 5 000 euros d'amende. La décision du tribunal est attendue le 2 juin prochain.

Le 31 octobre 2014, Corentin est admis à la clinique Claude-Bernard de Metz pour des douleurs abdominales, initialement diagnostiquées comme une appendicite aiguë. Toutefois, il s'est avéré que l'enfant souffrait en réalité d'une colopathie fonctionnelle, un trouble intestinal ne nécessitant pas d’intervention chirurgicale immédiate, comme l’a noté le procureur. L’opération, effectuée en urgence, a conduit à une tragédie : une incision accidentelle de l’aorte a provoqué un choc hémorragique, fatale pour le jeune garçon, qui est décédé le lendemain au CHU de Nancy.

Le chirurgien responsable de l’incision a exprimé des remords devant le tribunal, reconnaissant sa part de responsabilité : « C’est un accident. Je pense à Corentin et à ses parents chaque jour ». En dépit d’un retrait temporaire de l’Ordre des médecins, il a continué sa carrière à l'étranger, au Maroc. Quant à son confrère, bien qu'il ait admis son entêtement, il a également suggéré que la situation aurait pu être différente si un spécialiste avait été appelé plus tôt.

Les avocats de la défense ont défendu leurs clients en indiquant que d'autres personnes impliquées dans le processus médical n'avaient pas été tenues responsables. Comme l'a affirmé Me Pierre-Henri Lebrun : « Il y a des gens qui se sont cachés, et qui ont bénéficié de l'indulgence ». Les parents de Corentin, Fatiha et Pierre Jeras, ont tenté de faire traduire la clinique en justice, mais leur demande a été rejetée par la Cour de cassation, ce qui a été perçu comme « un déni de justice » par la mère. Elle a ajouté : « Mon fils s'est vidé de son sang sous les yeux de toute une équipe », exprimant ainsi sa douleur face à cet incident tragique. Les parents ont décidé de réclamer un indemnité d'un million d'euros pour le préjudice moral qu'ils ont subi.

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