La controverse des chiffres : les jeunes Français et la Shoah

Une déclaration de Yaël Braun-Pivet soulève des inquiétudes sur la transmission de l'histoire.
La controverse des chiffres : les jeunes Français et la Shoah
Des élèves échangent avec Ginette Kolinka, survivante du camp d'extermination Auschwitz-Birkenau, à Angers, le 13 novembre 2023. (JOSSELIN CLAIR /LE COURRIER DE L'OUEST / MAXPPP)

Près de la moitié des jeunes Français ignorent-ils l'existence de la Shoah ? C'est ce qu'a déclaré récemment la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, sur son compte X. Selon elle, "46%" des jeunes n'auraient jamais entendu parler du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Cette affirmation, qui s'appuie sur une étude commandée par une ONG internationale, suscite de nombreuses questions quant à sa véracité.

En France, l'histoire du génocide des Juifs est pourtant intégrée dans les programmes scolaires, tant à l'école primaire qu'au collège et au lycée. Cependant, cela ne garantit pas que tous les Français soient véritablement au fait de l'Holocauste et des six millions de vies perdues entre 1941 et 1945.

Yaël Braun-Pivet a émis ce constat lors de la journée du souvenir des victimes de la déportation, le 26 avril. La déclaration a pris un écho particulier alors qu'elle rendait hommage à son grand-père, Kalmann Braun, juif et résistant. Elle s'est exprimée sur Twitter :

46 % de nos jeunes n’ont jamais entendu parler de la Shoah. Ce chiffre doit tous nous alarmer.


Mais d'où provient cette information ? Les données de l'Ifop, réalisées en France, montrent des résultats plutôt divergents. Des experts, comme le sociologue Emmanuel Todd, soulignent que, bien que la transmission de l'histoire soit importante, les moyens déployés pour cela restent insuffisants à l'échelle nationale.

La question de la connaissance de la Shoah chez les jeunes est cruciale, surtout face à la montée de l'antisémitisme en France. Des enseignants et historiens s'accordent à dire que l'éducation est un outil fondamental pour renforcer la mémoire collective. Ainsi, une meilleure sensibilisation dans les écoles pourrait contribuer à une meilleure compréhension et à une lutte efficace contre les préjugés. D’après plusieurs enquêtes, les débats en classe, combinés à des visites de lieux de mémoire, sont des méthodes qui portent leurs fruits.

Il est donc impératif que les institutions travaillent pour que l'histoire ne soit pas oubliée. La France, avec son passé riche et complexe, doit assurer que les jeunes générations portent en elles la connaissance et la mémoire des événements historiques dramatiques tels que la Shoah.

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