Ce mercredi, la publication d'une circulaire gouvernementale marque un tournant dans la gestion des boues épandues sur les terres agricoles. Ce texte vise la mise en œuvre d'un "programme de mesures de la concentration de PFAS" dans ces boues, souvent utilisées comme fertilisant. Ces substances chimiques posent des risques sérieux pour la contamination des sols et des ressources en eau lors de leur épandage.
Conformément aux informations relayées par l'AFP, le cadre annoncé le 9 avril par le gouvernement a été signé par les ministères de la Transition écologique et de la Santé. Il comprend un "programme de mesures de concentration de PFAS dans les boues", ainsi qu'un "cadre de gestion des boues" à établir par les gestionnaires des stations d'épuration, sans oublier un "cadre de gestion de la qualité des sols".
Des taux records révélés
Une enquête menée par France 3 et confirmée par l'organisation Disclose en février a mis en lumière des niveaux alarmants de PFAS dans des sols agricoles de la Meuse et des Ardennes, témoignant de la contamination historique due à l'épandage de boues industrielles sur plusieurs décennies. Alors que des mesures réglementaires ont été instaurées concernant l'eau potable, les boues issues des eaux usées demeuraient un point de prévention négligé.
Les experts s'inquiètent particulièrement des effets à long terme de ces substances quasi indestructibles. Selon le gouvernement, des collectivités de ces départements ont été contraintes d'interdire l'usage de leur eau potable durant l'été 2025, suite à la détection de concentrations jugées trop élevées.
La circulaire stipule que les préfets devront ordonner aux exploitants des plus grandes stations d'épuration de procéder à une campagne de mesure des PFAS dans les boues destinées à la valorisation agricole, que ce soit pour l'épandage, le compostage ou la méthanisation. Environ 6 % des stations d'épuration sont concernées, mais elles représentent 86 % des quantités de boues épandues sur les terres agricoles.
D'ici l'été, les préfets exigeront des analyses trimestrielles sur ces boues, les résultats devant être publiés régulièrement. La surveillance portera sur 52 types de PFAS, dont le TFA, avec des seuils limites clairs fixés à 400 microgrammes par kilogramme de matière sèche pour 22 d'entre eux.
Si des seuils sont dépassés, cela entraînera la suspension de l'utilisation agricole de ces boues, qui devront alors être stockées ou détruites par incinération. La mise en œuvre de ce cadre réglementaire est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire et la santé publique face aux menaces posées par les polluants éternels.







